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Author: Susanne

Santa Maria

Santa Maria

Après 5 jours de navigation Santa Maria émerge, nous arrivons aux Açores! Il est samedi après-midi et nous tombons en plein concours de pêche. Nous amarrons au ponton de quarantaine et observons toutes ces petites embarcations et leur agitation fébrile. Les derniers 150 milles, Eole s’étant endormi, nous avons fait tourner notre moteur, et en cherchant les jerricans de carburant de réserve, Louis a retrouvé un bidon d’huile de moteur au fond des coffres. Il s’est dit: « Tiens, je compléterais bien un peu d’huile dans le moteur quand on sera arrivé. » En regardant bien l’étiquette avant l’opération, il a découvert qu’il avait acheté de l’huile pour moteur essence et non diesel. Du coup, nous avons proposé cette huile à un des petits pêcheurs qui attendait au ponton à coté du Naviot, peut être contre un poisson un jour où il en aurait assez? Il était enchanté et à minuit, boum boum contre la coque du Naviot, il nous a apporté un magnifique barracuda. En pyjama, les yeux tout petits, j’ai entrepris de le vider et de lever les filets de suite… Transformé en petits beignets le lendemain à l’apéro, il était délicieux!

Au port de Vila do Porto nous avons retrouvé nos amis de TiMango et rencontré plein de navigateurs au long cours. Cela donne une ambiance très chouette, à discuter de nos expériences différentes, selon de quel coin du monde on arrive. Madère comme nous, les Canaries ou les Antilles, chacun a des histoires passionnantes à raconter. Les groupes se forment un peu selon les langues parlées, ce qui fait que nous avons tchatché avec BEAUCOUP de monde. Loulou fut dans son élément…

Pour visiter Santa Maria, nous avons randonné, mais aussi loué une voiture. Bien qu’elle ne soit pas énorme, les distances sont quand même trop grandes pour tout faire à pied. Le coté ouest de l’île est assez bas et sec, alors que la moitié est s’élève plus haut et est toute verte, bien arrosée par la pluie. Cela crée vraiment deux zones climatiques très différentes sur peu de kilomètres carrés. En plus, Santa Maria est la seule île des Açores à posséder des gisements de fossiles. Etant la plus ancienne de ces îles volcaniques, de plusieurs millions d’années par rapport aux autres, elle a été immergé et réémergée plusieurs fois depuis sa naissance. Du coup, on y trouve des mines où la population a exploité ces gisements de calcaire pour en faire de la chaux pour blanchir les maisons.

Avec nos amis Véronique et François de TiMango et Pascale et Olivier du Gerfaut III, nous suivons le chemin de randonnée qui nous amène à Praia Formosa à environ 7km, en longeant la côte depuis les hauteurs, puis en descendant vers la mer à travers une forêt magnifique. Pleine d’odeurs et de chants d’oiseaux, cette balade nous offre même la possibilité de nous baigner. La petite plage est déserte et la température de l’eau de 21°C.

Bien sûr, nous devions aussi rentrer à pied. Allez-hop, sept kilomètres supplémentaires pour le retour!

D’autres balades nous ont emmenés vers l’ouest de l’île. Paysage aride dont voici quelques images.

Avec la voiture nous avons étendu notre rayon d’action et visité le coté plus vert de l’île.

Naturellement, après toute cette nature, une petite visite de musée s’impose. Nous jetons notre dévolu sur celui d’Espirito Santo qui montre comment vivaient les gens ici pendant la première moitié du 20ème siècle. Ils devaient tirer profit de toutes les ressources locales, car les liaisons avec le continent n’étaient pas régulières comme aujourd’hui. Pas facile.

Nous avons passé deux semaines à Santa Maria, séjour superbe. Lundi dernier, profitant d’un vent favorable, nous avons largué nos amarres et rejoint Sao Jorge (180milles nautiques) où nous avons ancré la nuit dernière devant le port de Velas en plein concert des puffins gris qui « chantent » toute la nuit. Aw,Aw,AAAW!

MADÈRE!!!

MADÈRE!!!

Madère, ça commence comme magique – une courte traversée de 40 milles nautiques, soleil et vent portant nous ont conduits à Funchal, capitale de l’île. Tout le contraire de Porto Santo sèche, voir désertique, Madère est verte, toute verte et avec ses hauts sommets, 1862m pour le Pico Ruivo, elle génère son propre climat bien arrosé de pluies douces. Des températures subtropicales, et nous nous trouvons parmi les bananiers, papayers et autres fruits tropicaux que nous ne connaissions même pas. Avez-vous déjà mangé du philodendron?

falaises abruptes à l’arrivée
devinez lequel est surnommé « la consolation de la veuve »

Ils poussent tous sur l’île et au Mercado dos Lavradores, les vendeurs nous proposent de tout goûter. Nous nous laissons faire, et je profite de demander des explications de comment on les choisit et aussi comment les manger. Ca ne saute pas forcément aux yeux… Nous nous sommes régalés!

La première visite est pour le jardin botanique bien sûr, situé à mi-hauteur des collines de la ville. Nous y sommes montés à pied – 50 minutes de grimpée et autant de descente après – bonjour les genoux…

Superbes fleurs et autres plantes, nous nous sommes promenés dans ce jardin, les yeux grands ouverts et en admiration. Une fois de plus, je regrette de ne pas pouvoir mettre les odeurs avec les images.

Au jardin botanique, on trouve des plantes aussi bien des zones humides que des zones sèches, car il se veut représentatif pour tout l’archipel. Mais Funchal héberge d’autres jardins parmi lesquels nous avons choisi le jardin tropical pour une autre visite. Haut perché au dessus de la ville, nous avons pris le téléphérique pour y monter.

Fleurs, fougères et même un petit lutin qui regarde à travers la statue, nous ont enchantés tout au long de cette balade.

jeux d’eau et de plantes splendides du jardin tropical

Mais Madère n’est pas que Funchal. Pour bien visiter cette île, nous avons loué une voiture et avons suivi nos amis Véronique et François de TiMango explorer la levada de Caldeirao Verde. Une levada est ce que nous appelons un bisse en Valais. Elles acheminent l’eau du nord-est bien arrosé de pluie vers le sud-ouest, qui l’est moins. Elles suivent les lignes d’altitude en légère pente en dépit d’une topographie souvent vertigineuse. Ca donne des parcours spectaculaires où souvent ça monte à gauche et descend à droite, en laissant tout juste 30cm aux pieds pour se poser. À certains endroits, celle que nous avons suivie, passe par des tunnels creusés dans la roche. Heureusement nous avons eu le téléphone portable sur nous avec sa fonction « lampe de poche ». A d’autres endroits elle formait même un petit pont qui enjambait un autre ruisseau dévalant la montagne.

Avec nos amis Véronique et François – la photo est prise par Clarisse, la fille de François

Tout au fond, nous découvrons une magnifique cascade où débute notre levada.

Le jour suivant, il faut bien rentabiliser la location de la voiture, nous avons traversé toute l’île pour visiter Porto Moniz, où des piscines naturelles, améliorées bien sûr, permettent aux gens de se baigner à un endroit où l’Atlantique s’écrase sur les rochers de toute sa force.

Nous avons bien sûr aussi visité le petit aquarium et le port de pèche.

Une autre belle journée donc, et sur le chemin du retour, nous avons passé par la route « côtière », qui en réalité monte tout en haut des falaises et longe le relief en altitude. Beaucoup de virages et des vues spectaculaires, c’était un régal pour nos yeux.

Un petit tour à la montagne et une visite du musée de la baleine ont complété ces journées voiture. Nous avons tellement l’habitude de faire tout à pied, que c’était presque bizarre de disposer d’un véhicule.

Ce musée de la baleine est surtout dédié au passé baleinier de Madère, où la baleine était chassée entre1940 et 1981. Il fournit de très bonnes explications qui forcent d’un côté le respect de la vie dure que menaient ces chasseurs. De l’autre côté, c’est un soulagement que cette pratique a totalement cessé. Actuellement on voit régulièrement des cétacés autour de l’île, bien que nous n’ayons vu qu’une tortue marine en arrivant près des côtes. Malheureusement, l’aperçu était si bref, que nous n’avons pas pu prendre de photo. Le beau crabe noir et rouge par contre, nous a presque souri.

Le dernier jour avec voiture, nous sommes montés en altitude. Après avoir traversé la couche de nuages, sommes arrivés sur un haut plateau duquel émerge le Pico Ruivo de Paul. La végétation est toute différente, on se croirait en Bretagne, voir dans le Jura. Nous escaladons le Pico et découvrons des vues fantastiques.

Enfin voilà, après 11 jours sur Madère, pleins de découvertes plus belles les unes que les autres, nous décidons qu’il est temps de partir. Le premier juin une fenêtre météo annonce un joli vent de nord-est qui nous incite à mettre le cap au nord-ouest, direction Açores. Nous y arrivons 5 jours plus tard, mais cela fera partie du prochain chapitre. À bientôt!

En suivant le vent…

En suivant le vent…

Nous avons quitté la côte portugaise pour suivre le vent. Il nous a porté jusqu’à Porto Santo, petite île de l’archipel de Madère. Une traversée bien agitée au début – au lieu des 15 à 20 nœuds de vent annoncés, nous en avons subi 36 durant la première nuit. Nous avons donc tous les deux dû payer notre ticket d’entrée, veut dire que nous souffrions d’un mal de mer carabiné pendant les deux premiers jours de la traversée. Par la suite, ça s’est essoufflé et le dernier jour, nous avons même mis le moteur pour quelques heures. Arrivée à la voile quand même le samedi matin 8.5.2021. Lundi test de covid, et dès mardi, nous pouvons circuler sur l’île.

Porto Santo sort de l’océan

Nous en profitons pour nous balader. Promenade par ci, randonnée par la, cette île est tout simplement belle!

plein de jolies fleurs…

Nous avons suivi toute la crête qu’on voit sur l’image ci-dessus. Une randonnée magnifique – par endroits on se croirait sur le toit du monde. Ca descend de chaque coté du chemin à peine tracé, et avec le vent fort qui souffle, on a l’impression de pouvoir déplier ses ailes et s’envoler. Génial!

Mais voilà, nous profitons aussi d’un autre aspect de la région. Le Portugal déconfine, et cela implique l’ouverture des restaurants. Hier soir nous avons mangé sur une terrasse avec des amis navigateurs tout en écoutant une chanteuse life, que de la musique que nous aimons… Encore une fois, génial! Ca faisait si longtemps…

Nous bougeons de nouveau!

Nous bougeons de nouveau!

Yessss! Après presque six mois sans bouger, le Naviot a pu ressortir du port de Vilamoura. Aux dernières nouvelles, nous venions de revenir au Portugal juste pour le confinement qui a duré jusqu’à maintenant… et encore, ce n’est pas tout à fait déconfiné. Entre temps, j’ai dû retourner en Suisse, car mon père n’allait pas bien. Rentrée le 1er février, j’ai du m’acquitter de 10 jours de quarantaine et ce n’est que 6 semaines plus tard, quand mon papa avait remonté la pente et allait de nouveau bien, que j’ai pu retrouver mon Louis qui était resté tout ce temps à Vilamoura.

Il s’est occupé de terminer les travaux au chantier naval et n’était heureusement pas tout seul. Notre ami Olivier du Chimaera lui a tenu compagnie presque jusqu’à mon retour. Merci!

De retour à Vilamoura j’ai eu droit à une nouvelle quarantaine, car dans mon avion, un passager s’était révélé Covid-positif malgré une PCR négative à l’embarquement. Les services de santé m’ont contactée deux jours après mon arrivée pour m’informer que je devais rester à l’intérieur et sont venus le lendemain, puis 10 jours plus tard, prélever un frottis de nez chez nous, au bateau. Ils étaient négatifs. Malgré cela, j’ai du rester en quarantaine la totalité de 14 jours. Dur, dur ! Enfin, le 29 mars, nous avons fêté ma liberté retrouvée avec une longue balade sur la plage.

Si belles, ces fleurs dans les dunes

La première semaine d’avril le frère de la côte Noé, François pour de vrai, nous fait la surprise. Il nous appelle pour nous dire qu’il est à Vilamoura où il a un résidence secondaire. Il doit y régler un problème d’électricité et reste une bonne semaine. Nous nous rencontrons évidemment et c’est un pur bonheur de discuter, plaisanter et rire ensemble. Il nous fait profiter de sa voiture pour faire les achats de toutes les choses lourdes et nous emmène même sur le Monchique d’où nous avons une magnifique vue sur le pays .

Les deux frères devant le chateau de Silves
je suis toute petite à coté du roi Sancho
vue de la montagne

Merci François de nous avoir gâté autant et donné de ton temps. Quel plaisir de te voir !

Enfin, le 16 avril, nous avons pu quitter Vilamoura. Une première petite étape nous a mené jusqu’à Alvor. C’est une belle ria où nous sommes restés à l’ancre pendant une semaine. En arrivant, les terrasses étaient ouvertes et nous avons profité du soleil pour boire un café sur l’une d’elles. Mais déjà le lundi suivant, elles ont du refermer, car trop de virus dans la commune. C’est assez bizarre comme situation. Les communes ouvrent ou ferment individuellement selon leur taux de covid. Heureusement, les promenades restent autorisées.

Le 22 avril le vent tourne et nous décidons de contourner le cap St. Vincent et mettre le cap au nord. Nous amarrons à Sines tard ce soir là, car l’étape est assez longue. Nous prévoyons d’y rester une semaine. Mais comme souvent, les imprévus nous rattrapent et le séjour dans cette charmante bourgade se prolonge un peu. La raison de nos misères sont nos ordinateurs. Ils réclament des mises à jour qu’en gentils obéissants nous lançons. Et boum, l’ordi de navigation ne s’ouvre plus. Avec énormément de patience et beaucoup d’heures à manipuler souris et boutons, Louis réussit à le vider complètement, le reformate et réinstalle tout. Sur le portable, le problème est un peu moins grave, mais nécessite aussi des heures de travail avant de refonctionner correctement. Louis passe en tout quatre jours dessus, j’essaie de l’aider comme je peux et nous finissons les yeux carrés.

Mais voilà, avec de la patience on arrive à régler la plupart de nos problèmes et demain nous repartons. Quelle destination? Rendez-vous au prochain article. À bientôt!

De retour au Naviot

De retour au Naviot

Après six semaines bien remplies en Suisse, nous avons pris l’avion le 14 janvier pour retourner sur notre Naviot qui nous a attendu sagement à Vilamoura. Drôle de voyage avec les aéroports vides et l’avion à 2/3 plein, Nous avons loué une voiture à Lisbonne et sommes arrivés en Algarve juste 4 heures avant le nouveau confinement portugais qui a débuté le 15 à 0h00. Depuis, nous vivons à notre rythme de retraités à préparer notre bateau pour de nouvelles navigations – dès qu’elles seront de nouveau possibles.

Loulou est tout heureux de revivre à bord. Pour commencer, nous récupérons les voiles qui ont été révisées chez le voilier du coin pendant notre absence. Ensuite nous organisons la sortie au chantier naval, car le Naviot a commencé à amasser de la mousse, voir des petits chapeaux chinois, et il a besoin d’une nouvelle peinture anti-fouling. Rendez-vous est pris pour le 22 janvier, et lorsque le bateau est levé hors de l’eau, nous découvrons un « pétard », souvenir d’une rencontre avec un caillou en remontant la ría d’Aveiro l’été passé.

Surprise! Au ponçage on découvre une petite fissure dans l’aluminium qu’il faut ressouder avant de pouvoir repeindre. Comme quoi il y a toujours quelque chose à faire…

En attendant nous vivons sur le bateau à terre, ce qui est assez compliqué. On ne peut pas utiliser les écoulements d’eau, donc ni lavabo ni toilettes. Pour chaque pipi il faut descendre une échelle de 2,50m de haut – je vous laisse imaginer… au milieu de la nuit c’est génial. Sinon l’Algarve est toujours aussi belle. Malgré la météo hivernale, les températures sont clémentes, plus ou moins 15-18°C et on peut faire des belles balades sur la plage presque déserte.

Le nouveau Blog

Le nouveau Blog

Dernière image de l’ancien et première du nouveau blog. J’y fais mes premiers pas et découvre les possibilités. Pas facile…

Je m’exerce et vous pourrez bientôt découvrir les nouvelles aventures du Naviot et de son équipage. En attendant bonnes fêtes et à l’année prochaine!

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