Printemps au Portugal

Printemps au Portugal

Et un hiver plus tard, nous retrouvons notre Naviot à Oeiras, près de Lisbonne, où nous avons eu la chance de lui trouver une bonne place d’amarrage pour passer les mois froids. Des conditions météo jamais vues ont régné sur la péninsule ibérique cet hiver, les tempêtes se sont suivies et ont provoqué inondations et grosses vagues sur tout le littoral. En notre absence notre ami Francisco qui habite à quelques kilomètres d’Oeiras a surveillé le Naviot et nous n’avons eu que très peu de dégâts à constater. Un parebattage fendu et un amortisseur d’amarre cassé, rien comparé à d’autres. Nous arrivons début mars au bateau et commençons les préparations pour la saison à venir. Le gros travail est d’installer le déssalinisateur que nous avons acheté lors de notre visite de la BOOT26 à Düsseldorf. Louis l’a accompli avec acharnement, fantaisie et beaucoup d’expérience technique.

Heureusement je n’étais pas dans ses pattes pendant ce temps. Après deux semaines sur place, je ramenais la voiture en Suisse et l’ai rejoint par avion une fois tout terminé fin mars. Et enfin, quand tout était prêt, nettoyé, rempli, nous avons largué les amarres, direction le sud, car cette année le plan est d’aller voir si la Méditerranée est toujours aussi bleue. Tout tranquillement, par petites étapes, afin d’apprivoiser le mal de mer de Louis, nous nous arrêtons dans des ports que nous n’avons encore jamais visités. Sésimbra, Setúbal, Sines, avant de tourner à gauche autour du cap St. Vincent pour arriver en Algarve, où le printemps est déjà bien avancé.

A Setúbal, où tout le monde dit qu’il n y a pas de place pour visiteurs, nous avons obtenu une place d’amarrage avec l’aide de Francisco. Elle est magnifique avec son marché et sa vieille ville pleine de jolies places et ruelles.

Un peu crispés, nous entamons les prochaines étapes, car les orques ont été vues dans le coin. Mais pour nous, pas de soucis, elles sont allées voir plus loin et nous naviguons tranquillement vers l’Algarve. Quelques jours à Sines, puis un mouillage au pied du cap St. Vincent et nous arrivons à Portimão. Je voulais m’arrêter à Lagos, que nous n’avions jamais visité, mais ils n’avaient pas de place libre en raison de travaux portuaires. Nous retrouvons donc Portimão, petite ville que nous aimons bien.

Après une semaine, nous profitons d’une jolie brise pour pousser jusqu’à Vilamoura. Etape pleine de souvenirs pour nous, car c’est ici que nous avions passé le deuxième confinement en 2021. Vide de touristes à ce moment là, nous l’avons vécu cette fois pleine de monde, surtout des anglais qui viennent prendre le soleil. Le premier jour ils sont blancs, le lendemain rouges, et à la fin de la semaine dorés. Ensuite, ça recommence avec la prochaine fournée. Nous laissons passer une dernière dépression avec du vent fort et de la pluie avant de rejoindre le mouillage de Culâtra tout à la voile dans des conditions superbes. C’est quand même bien d’avoir le luxe de pouvoir attendre les bonnes fenêtres météo.

Culatra aussi est plein de souvenirs pour nous, c’est l’endroit le plus à l’ouest de l’Algarve que nous avions visité fin 2020 avant de passer l’hiver à Vilamoura. C’est toujours aussi beau et cette fois , c’est le début de l’été, et nous nous sommes baignés pour la première fois cette année.

Une autre journée de navigation nous emmène à Ayamonte. Ville sur le Guadiana, fleuve frontière entre le Portugal et l’Espagne. Nous ancrons juste en amont du quai de pêcheurs car dans le port il n’y a pas de place pour le Naviot avec son tirant d’eau de 2m. Le petit port est en train de s’ensabler et bientôt, il ne pourra accueillir plus que des dériveurs et des multicoques. Dommage, car nous sommes restés moins longtemps que prévu. Enfin, au revoir Portugal, bonjour Espagne!

Le petit mot du capitaine (titre que Susanne m’a autorisé d’employer). En effet il vaut mieux savoir jouer de la caisse à outils que de faire faire le travail par un petit Mozart de l’artisanat. Non pas que la partition soit mal jouée mais le budget de bord se trouverait en mode « mayday » (appel de détresse). Et tout ce travail pour boire de l’eau….

Nous revoilà !

Nous revoilà !

Météo, quand tu nous tiens ! Après cinq jours accrochés à notre bouée à Crookhaven, le vent de nord-ouest se calme enfin et tourne au sud-ouest faible. Les vagues se calment et nous tournons autour du coin sud-ouest de l’Irlande, afin de mettre le cap au nord en suivant cette côte ouest, très découpée, avec des hautes falaises et des caps hauts comme des montagnes. Le ciel est couvert, et nous avançons dans une symphonie de gris, du bleuté au verdâtre. Nous arrivons devant Bearisland et nous nous faufilons dans une ouverture entre deux falaises pour nous engager dans un bras de mer tout calme qui nous conduit à Castletownbere, important port de pèche.

Ce port est tellement dédié à la pèche, qu’il n’y a pas d’installations pour les plaisanciers et que nous ancrons tout au fond, à l’écart des activités portuaires. Heureusement nous trouvons quand même un petit ponton où nous pouvons débarquer en annexe et aller nous balader.

Cinq jours dans la brume – oui oui, c’est l’été – et deux soirs au pub à écouter de la musique et nous imprégner de l’ambiance locale. Puis nous nous déplaçons de quelques milles, à Lawrence Cove, sur Bearisland en face du bras de mer. Une petite marina dans un coin charmant, où nous trouvons de quoi remplir les réservoirs d’eau, douches et machines à laver. Le soleil revient et nous incite à randonner aux alentours.

Nous avons rendez-vous avec notre fils Olivier et son amie Sibylle à Dingle, et reprenons la route. Cap au nord, première halte, Valencia Island. Nous longeons les falaises dans une mer assez agitée, et Loulou est de nouveau pris d’un mal de mer, mais aussi d’un mal de gorge. Je suis donc seule à profiter de ce paysage incroyable où on entend en permanence le tonnerre de la houle qui s’écrase contre les rochers. Et encore une fois, merci à la cartographie électronique moderne et le GPS qui rendent la navigation si confortable de nos jours. Car en contournant l’île, le passage pour aller au port est invisible du large et se présente seulement quand on est déjà engagé dedans. Pas large, avec des vagues qui déferlent des deux côtés, je suis heureuse de pouvoir lui faire confiance et nous arrivons à Knightstown, petite bourgade tranquille. Nous amarrons, et moi aussi je commence un mal de gorge, qui devient fièvre, une crève estivale qui me cloue trois jours au lit. Halte un peu forcée, mais nous visitons quand même le musée local intéressant. Car d’ici partait le premier câble de télégraphe reliant l’Europe à New York, construit dans les années 1865, en 5 essais avant de réussir. Perspicaces, les gars!

De nouveau en forme, nous traversons le bras de mer et arrivons à Dingle. Il fait beau et chaud pendant trois jours et nous explorons les environs.

Olivier et Sibylle arrivent et le soleil s’en va. Eux qui avaient subi la vague de chaleur en Suisse se sont trouvés rafraichis. Pluie, brouillard et grosse houle nous ont empêchés d’aller voir les Blasket Islands, le truc touristique pour lequel les gens viennent ici. Mais nous avons trouvé d’autres occupations intéressantes. Pour commencer la fauconnerie.

Chouette d’avoir ces oiseaux sur nos mains, de pouvoir les regarder de tout près, sentir leur poids.

Le lendemain nous visitons la distillerie. D’ici viennent le Dingle-Gin et aussi un whisky très bons. Nous avons gouté…

La météo ne s’améliorant pas, nous prenons un bus pour Cork, et nos jeunes gens louent une voiture. Olivier se fait très vite à la conduite à gauche et ils nous emmènent visiter des endroits que nous n’aurions pas vus sans voiture. Le Rock of Cashel pour commencer, d’où j’avais lu plusieurs livres qui y jouaient.

Puis les falaises où ont été tournés quelques scènes d’un film de star wars, juste en face des Blasket Islands.

Les deux touristes sont partis explorer la région de Galway avec leur voiture, et nous avons reçus d’autres invités. Nos amis américains Anne-Marie et Tim avec notre amie commune Marie-Odile sont venus à Dingle. Tim ayant des origines dans cette région, ne voulait pas rater une visite en Irlande alors qu’ils passaient leur été en Europe. Quatre jours très sympas, mais toujours impossibles pour la navigation.

Une fois tout ce petit monde reparti, le vent a tourné au nord ouest, et nous avons décidé de repartir vers la sud. Marre de la pluie et des températures n’excédant pas les 18°C en juillet. Encore deux mouillages en Irlande, magnifiques, et nous nous lançons dans une traversée de deux jours et deux nuits.

En partant de Crookhaven, je trace une route qui passe tout près du Fastnet. Le jour précédent, les régatiers de la Fastnet Race ont tourné autour par un temps de grand soleil. Nous ne voulons pas nous retrouver dans leurs pattes et partons le lendemain. Frustration ! Il y a un brouillard tellement épais, que nous entendons les vagues prendre d’assaut le fameux rocher avec son phare, que nous n’avons pas vu! Donc, pas de photos. Le vent étant quand même de la partie, nous avançons hardiment vers le sud est, et deux jours plus tard, après avoir traversé le séparateur de trafic de nuit, nous voyons Ouessant et son phare et arrivons par une belle après-midi ensoleillée à Camaret-sur-Mer. Nous avons rejoint l’été!

Il fait entre 25 et 30°C et nous sortons les shorts. Quelques jours à Camaret, et nous décidons de ne pas traverser le golf de Gascogne directement comme il y a 6 ans, mais de le longer sur tout son pourtour. Le sud de la Bretagne en été est de toute beauté. En même temps, nous profitons de trouver des amis qui sont ici.

Pour commencer un grand merci à Ute et Karl, frère de la côte de Lübeck, qui nous apporte deux nouvelles pompes à eau douce depuis Brest, où nous avons pu les commander. S’en sont suivi quelques soirées en repas succulents et conversations intéressantes – super sympas. Escales à Bénodet, Concarneau, Lorient, tous des noms qui nous ont fait rêver. Au Crouesty, nous rendons visite à Christine et Marc, frère de la côte de Bruxelles , qui passent leurs étés dans leur maison pas loin de là. Ils nous ont fait découvrir la presqu’île de Sauzon en voiture – encore une journée magnifique.

La météo toujours au beau fixe, nous continuons vers l’île de Houat et son magnifique mouillage avant de rejoindre l’île d’Yeu, puis les sables d’Olonne et La Rochelle.

Aux Sables d’Olonne nous visitons le quartier de l’île Penotte avec ses mosaïques extraordinaires

Ensuite la Rochelle, où nous restons une semaine, histoire de faire le ménage et la lessive à fond, et nous reposer un peu. Si si, la navigation nous fatigue… avec tout ce soleil – nous avions perdu l’habitude

Mais pour notre projet de faire le tour du golf, nous repartons vers le sud fin août et arrivons à Royan, à l’entrée de la Gironde. Pour ceux qui auraient envie de faire ce trajet aussi, il faut absolument aller chercher la première bouée au large pour entrer dans le chenal. Nous avons voulu couper à la 3ème bouée et nous sommes retrouvés à traverser une barre de déferlantes qui nous a couché le Naviot deux fois, dont une fois par une grosse vague qui est rentré dans le bateau. La cuisine s’est faite tellement arroser, que Louis a dû démonter et dessaler les brûleurs de gaz. Ils ne faisaient plus que blub-blub, car pleins d’eau. Donc, reménage à fond…

Nous avons laissé passer la première dépression qui annonçait la fin de l’été, et nous nous sommes lancés vers le sud, l’Espagne, Bilbao. Traversée d’un jour et demi, et bonjour le pays Basque. Nous prenons le temps de visiter la ville et bien sûr, le musée Guggenheim.

Et voilà, nous entamons de longer la côte nord de l’Espagne. Laredo, Santander, Gijón et pour finir La Coruña, où nous nous étions arrêtés tout au début de notre voyage il y a six ans. Un peu bizarre de revenir sur ses propres traces, mais pas désagréable.

Quelques jours à Gijón, histoire de laisser passer la deuxième dépression d’automne.

Un beau mouillage dans la ría de Cedeira

Il y a six ans, nous avions fait presque la même photo !

Le petit mot du Capitaine:

Enfin le Printemps !

Enfin le Printemps !

Eh oui, nous existons encore. Après un hiver bien occupé en Suisse, nous sommes retournés sur le Naviot à la mi-mars. Il nous avait attendu sagement à Carentan, pendant que nous avions préparé et fait préparer quelques nouveautés pour lui. Un nouveau frigo, une nouvelle grand-voile avec lazy bag, une chaussette de spi, un nouvel ordi pour la cartographie etc. Il mérite bien qu’on le chouchoute un peu. Nous avions prévu une sortie au chantier naval fin mars, et un départ vers Pâques. Mais il ne faut jamais prendre ses plans trop au sérieux. Quand nous avons voulu fixer le rendez-vous, on nous a regardé tout désolé.  » Avant le 6 mai rien n’est possible. « 

« Vous comprenez, le travellift a été en panne en février, et nous avons dû accueillir les bateaux du port d’à côté qui a du être vidé pour cause de travaux. Nous n’avons pas de ber libre pour soutenir votre bateau à terre avant cette date. »

Nous avons donc tout notre temps pour préparer le Naviot pour cette nouvelle saison. Et même pour un peu de tourisme dans la région car nous avons la voiture avec nous. Donc nous attaquons les nettoyages et l’installation des nouvelles affaires.

Entre deux, nous avons visité la région et profité d’une météo superbe avec un printemps ensoleillé à souhait. Les jonquilles, puis les tulipes ont fleuri, suivi du lilas et des champs de colza. Le Cotentin est vraiment joli au printemps.

Et puis arrive la date de la sortie au chantier. Louis n’a pas besoin de moi pour ces travaux. J’en profite pour ramener notre voiture en Suisse et passer un peu de temps avec mes enfants et ma maman avant le grand départ. Je reviens le 12 mai en TGV et le 14 nous sortons de l’écluse qui a si bien protégé notre bateau pendant l’hiver. En passant tant de semaines en plus à Carentan, nous y avons fait des connaissances qui sont devenu des amis et avons passé des moments merveilleux pleins de rires et de générosité. Pour nous, cette étape restera inoubliable – merci les amis.

Première étape, Cherbourg. Nous sommes bien sûr un peu tendus, et bien que la descente de la rivière et le passage sur l’estran immergé par une marée suffisamment haute pour ne pas talonner se passe sans problèmes, Louis se fait un mal de mer carabiné. Nous longeons la côte au près, dans une mer belle et avons les courants avec nous. Arrivé à Cherbourg, nous y restons quatre jours pour remettre l’estomac de Loulou en forme. Puis, un beau matin à 5h, nous nous lançons direction ouest, devant le cap de la Hague et ses courants forts, pour arriver à St. Peter Port sur Guernesey. Bonjour Royaume Uni.

Quelques jours ensoleillés sur cette île au microclimat agréable, et nous traversons la Manche pour Dartmouth où nous arrivons un soir vers 20h30, le pavillon jaune hissé pour être conforme aux exigences de la douane – merci brexit… C’est sympa de revenir à un endroit que nous avions déjà visité en 2022 en route vers l’Ecosse. Jusqu’à Falmouth nous allons refaire ce même trajet, toujours aussi joli le long de la Cornouaille.

A Falmouth, nous nous dirigeons d’abord vers Mylor Churchtown. Nos amis d’Arche de Noé, Britti et Thomi sont dans ce port depuis l’automne dernier. Ils y ont passé l’hiver, eux aussi à soigner leur bateau, et ils ont encore du travail. Vous vous souvenez peut être, nous les avions rencontrés en Suède il y a deux ans, et retrouvés l’année dernière en Allemagne et en Norvège dans plusieurs ports. Ces retrouvailles étaient un immense plaisir et nous sommes restés une semaine dans ce petit port sympa avant de faire escale à Falmouth même.

Et voilà, après toute une période de vent d’ouest, il tourne et souffle enfin dans la direction qui nous arrange. Départ matinal donc, vers les îles Scilly, où nous mouillons dans la baie de St. Marys’ . Nous avions prévu d’y rester la journée suivante, mais Neptune ne joue pas le jeu. Il envoie entre 1.50m et 2m de houle dans la baie pour la nuit suivante, et nous n’avons pas envie de passer une nuit à nous faire balancer au lieu de dormir. Autant naviguer. Nous levons donc notre ancre le lendemain déjà et mettons le cap au nord, direction Irlande. 27h après, nous amarrons à Crosshaven dans le comté de Cork.

Nous voulons passer une partie de l’été sur la côte ouest de l’Irlande et avançons maintenant tranquillement de petit port en mouillage à profiter de ces paysages magnifiques. L’été est là, les jours sont longs et les températures agréables (+/- 20°C).

A bientôt !

Le petit mot du capitaine:

Je précise que Susanne m’a autorisé de dire que je suis le capitaine….Petite précision: quand à la présence des températures estivales, pour faire plus vrai, j’ai le matin de ces deux derniers jours, engagé notre poêle à mazout à aider ce sacré soleil à dispatcher les calories dans le bateau.

Comme précisé plus haut, ma première navigation de la saison, j’ai du payer le tiquet d’entrée. Mais cette fois je me suis permis un billet de première classe! C’était terrible.

En Irlande j’ai pu tester mes performances en anglais. J’ai commandé un ragoût de poisson au troquet du coin, et j’ai reçu un ragoût de boeuf! C’est bien connu, les voyages forment la jeunesse…

Bonne lecture et à bientôt.

En route pour nos quartiers d’hiver

En route pour nos quartiers d’hiver

Cap au sud, nous traversons le Skagerrak, bras de mer réputé être agité. Le vent vient du nord-ouest et nous pousse en direction du Danemark. Nous visons l’entrée du Limfjord et arrivons à Tyborön à trois heures du matin. Au lieu de nos cinq nœuds habituels, Naviot a galopé a sept nœuds rien qu’avec la grand-voile, réduite d’un ris. Du coup, nous arrivons avant le lever du jour – l’atterrissage de nuit étant un exercice que nous n’avions plus pratiqué depuis longtemps – dur, dur… De retour au Danemark, nous retrouvons ses paysages doux aux longues plages de sable et le fjord très protégé qui traverse tout le nord du Jutland. Ils y cultivent huîtres et moules que nous goûtons avec plaisir.

La météo nous sourit, et nous pouvons traverser le fjord tout à la voile en suivant les chenaux navigables. Ils nous ramènent en zigzag vers la mer baltique, bien plus tranquille que la mer du nord. A la sortie, on tourne à droite, et nous relongeons cette côte, comme il y a deux ans, quand nous arrivions d’Ecosse. Mais il y a tellement de possibilités ici, que nous ne nous arrêtons qu’une fois dans un port que nous avions déjà visité. Sinon, tout reste découverte pour nous. Notamment la ville d’Aarhus avec ses beaux quartiers de vieille ville, et son quartier près du port, tout neuf, d’une modernité audacieuse, incroyable. Quel contraste !

Août avance, et nous avons rendez-vous le 25 avec Marc du coté de Hamburg. Il ne nous reste plus qu’à avancer. Cap au sud, vers Kiel, où nous prendrons le Nord-Ostseekanal. Mais avant de traverser l’écluse, nous rencontrons encore une fois nos amis Brigitte et Heinz de Lübeck qui viennent tout exprès en voiture à Heikendorf. Quel plaisir !

Le lendemain nous passons l’écluse de Holtenau pour la troisième fois. Une nuit à Rendsburg réveille en nous les souvenirs de notre séjour il y a deux ans, mais cette fois, nous continuons vers l’ouest et l’Elbe.

Sortis de l’écluse de Brunsbüttel, nous remontons le fleuve jusqu’à Glückstadt, où Marc nous rejoint un dimanche soir, après avoir traversé toute l’Allemagne en train. C’est un exploit, avec huit changements de train et même un bout en bus pour cause de chantiers multiples sur le trajet. Avec lui, nous descendons l’Elbe. Dernière escale en Allemagne à Cuxhaven, et nous profitons d’une fenêtre météo favorable pour avancer vers les Pays-Bas. A trois, il est aisé de naviguer de nuit, chacun faisant 3 heures de quart avant que le jour revient.

Le lendemain nous ancrons derrière l’île de Vlieland avant de pénétrer dans la Waddenzee, cette zone peu profonde entre les îles de Friesland et le continent, qui se couvre et découvre au gré des marées. Elle est traversée de quelques chenaux plus ou moins profonds, navigables selon la direction des courants. Il fait beau, et on dirait que tout le monde veut rejoindre l’IJsselmeer ce jour là.

Vers 16h nous arrivons à l’écluse de Kornwerderzand et pouvons juste encore passer le pont ouvrant devant l’écluse – avant dernier bateau, après ils l’ont fermé jusqu’au prochain passage. Une fois la porte de l’écluse ouverte, tout le monde se précipite. Elle se remplit, se remplit, et nous suivons pour nous amarrer au milieu de cette foule. Nous n’avions jamais vu une écluse aussi pleine que ça.

Tout se passe bien, nous discutons avec nos voisins qui rigolent de notre étonnement. Apparemment c’est courant ici en fin de weekend quand tout le monde rentre. Nous amarrons à Hindelopen, charmante petite ville que nous avions déjà visité lors d’un weekend de régate où Marc avait couru à Workum il y a une dizaine d’années.

Nous traversons l’Ijsselmeer à la voile jusqu’à Enkhuizen. A l’arrivée, nous avons la chance de pouvoir entrer à travers un petit pont levant dans le vieux port. Nous amarrons dans la vieille ville -exceptionnel !

A Enkhuizen se trouve un musée superbe. Sorte de petit Ballenberg qui montre la vie dans la région il y a 100 à 150 ans. On peut rentrer dans les différentes maisons et même dans les bateaux amarrés dans le petit port du musée.

Nous nous remettons en route direction Amsterdam un jour sans vent, c’est la brise volvo qui nous pousse. Il y en a qui profitent de l’absence de vagues pour déménager…

Une petite halte à Amsterdam, et nous ressortons en mer du nord par les écluses d’Ijmuiden. De nouveau, nous profitons d’être à trois pour naviguer toute la nuit et arriver à Zeebrugge le lendemain. Petit vent tranquille, mais pas mal de bateaux et un chantier d’éoliennes à éviter dans le noir. Avec ou sans lune, ça fait une différence. Les aides à la navigation comme une bonne carte électronique, la VHF et un AIS s’avèrent bien utiles.

De Zeebrugge, un port bien abrité, nous prenons le train pour visiter Brugge. Belle ville, même par météo pluvieuse.

Une portion de moules/frites et une gaufre plus tard, nous longeons encore cette côte pleine de hautfonds jusqu’à Nieuwport. Un grand repaire des frères de la côte – le voilier en face de notre place d’amarrage arbore le pavillon. Loulou va leur dire bonjour, et le soir même nous allons partager un verre avec eux dans le cadre de l’apéro du ponton du samedi soir. Un accueil vraiment sympa – merci l’équipe! Nous voulions avancer rapidement jusqu’au Havre pour que Marc puisse effectuer un maximum de milles marins afin de valider son permis mer, mais voilà que la météo ne nous a plus souri. Une dépression avec de forts vents d’ouest s’est pointée et nous sommes restés coincés une semaine au port. Repos donc, et assez de frites jusqu’à la fin de l’année… Une dernière petite étape, et Marc débarque à Dunkerque d’où il prend le train pour rentrer – un seul changement à Paris, bien quand même, ces TGVs. Nous continuons en longeant la côte d’albâtre. Devant Calais, nous voyons même les falaises de craie anglaises.

Notre dernière étape est sportive. Nous sommes en période de forte marée et Carentan, notre but est au fond de la baie de Seine, coté Cotentin. Cela signifie que nous ne pouvons accéder au port qu’avec la marée montante, à partir d’un certain niveau d’eau. Ce sera bon à 10h du matin. Nous calculons notre route avec 6kn de vitesse. Départ vers 15h, vendredi après-midi – soleil, vent et courant dans le bon sens, nous pensons que ce sera facile. Loin de là – tous ces effets positifs nous font avancer trop vite (8-9kn), et pour la première fois, nous avons du ralentir le bateau pour ne pas arriver trop tôt. D’abord sous voile réduite, ensuite sans voiles ni moteur nous avançons encore à 4,5kn. À 6h du matin nous devons tirer un bord vers le nord pendant deux heures, puis revenir en arrière pour être à l’entrée du chenal à la bonne heure. Ce petit bord en travers de la houle et du vent nous à évidemment bien secoué, et un mal de mer corsé nous à terrassés ces quatre dernières heures de navigation de l’année. J’y avais échappée jusque là cet été, mais la mer ne voulait pas que je ne paye pas mon ticket…

Nous amarrons à Carentan bien fatigués vers midi. L’accueil par le responsable du port est très sympa et il nous octroye une bonne place près des commodités pour passer l’hiver. En tout, nous avons fait 2323 milles nautiques cet été, et le Naviot mérite bien cette halte pendant laquelle nous effectuerons quelques travaux pour le garder en bonne forme.

Norvège, chapitre deux

Norvège, chapitre deux

Après le départ de nos amis, nous sommes restés encore quelques jours à Sandefjord, ville avec un grand passé baleinier jusqu’en 1986, quand on a arrêté la chasse commerciale à la baleine au niveau international, faute de cibles survivantes. Mais il faut dire aussi, que la Norvège pratique toujours cette chasse avec une flotte de onze bateaux, et on peut y acheter de la viande et des saucissons de baleine. Nous étions surpris de découvrir cela. Pour le coup, nous avons visité le musée qui nous a expliqué tout ça.

Bon vent et grand soleil nous mènent vers le sud-ouest, à Risör, petit port protégé par les îles, une fois de plus. Charmante halte, où nous rencontrons Astrid et son mari, navigateurs norvégiens, qui nous donnent plein de conseils pour des jolies places où s’arrêter pendant notre chemin vers Bergen. Nous prenons plein de notes, et ils sont tellement contents d’avoir passé l’après-midi à tchatcher avec nous, qu’elle m’offre une superbe paire de chaussettes qu’elle a tricotées elle même !

Premier conseil suivi, nous passons à travers Lyngör ancien village de pêcheurs, aujourd’hui patrimoine Unesco, vraiment très joli, il est bâti sur les deux côtés du bras de mer.

La météo est assez changeante, le vent souffle un jour du nord, le suivant d’ouest et après d’est. Nous le suivons et restons quatre jours à Kristiansand, à l’extrême sud du pays, en attendant qu’il tourne favorablement pour nous. Mais il fait grand beau, et nous visitons cette ville pleine d’œuvres d’art.

Et enfin, le 27 juin, le vent vient du sud-est, nous partons à 6h30 et naviguons toute la journée – 64 milles nautiques – pour amarrer dans le tout petit port de Kirkehamn. Tellement pas touristique, que la nuitée au quai communal est gratuite… Nous avons définitivement quitté la région d’Oslo.

Et directement, le lendemain, nous continuons. Il faut profiter de ces vents. Il paraît qu’il n’y a pas tous les étés une fenêtre favorable pour contourner ce coin sud de la Norvège. Nous avons discuté avec un navigateur suisse, qui nous a raconté qu’au bout de trois semaines d’attente, il est retourné en Suède sans avoir visité la côte ouest norvégienne. Cap au nord donc, et en quelques jours nous arrivons à Haugesund, dernier port du coté de la mer ouverte. De là, nous entrons dans les fjords et sommes à l’abri des vagues de la mer du nord. Nous découvrons que ces fjords sont tellement profonds, qu’on peut oublier d’ancrer. Par contre, on y trouve partout des petits pontons pour s’amarrer. Première expérience Lykelsöy (traduit: île du bonheur).

Vers 20h nous partons pour une petite promenade du soir. En suivant un joli chemin marqué, sur un sol tout élastique de mousses, nous arrivons dans l’autre baie de l’île, et là, un appel – hallo, hallo – nous parvient. Nous saluons en retour, et la dame nous fait signe de venir vers elle. Il y a deux bateaux au ponton, et un homme en sort en nous demandant: « Akvavit ? » Cela ne se refuse pas, et nous nous retrouvons à partager un verre sur une petite terrasse au bord de l’eau, à discuter et rire, c’est génial. Vers 22h, nous repartons vers notre bateau – encore une heure de marche – en ayant refait le monde.

Et gentiment, nous arrivons à Bergen, où nous avons rendez-vous avec Sibylle et Olivier qui viennent nous rejoindre pour une semaine de vacances. Notre arrivée à Bergen confirme la réputation de celle-ci d’être la ville la plus pluvieuse de l’ouest norvégien.

Le lendemain, tout change.

Sous un soleil radieux, nous montons sur le Flöyen en funiculaire pour admirer cette vue spectaculaire – et avec nous 100’000 touristes ressentis qui sortent des grands bateaux de croisière tous les jours. ça grouille en haut, mais pour faire la descente à pied, nous ne sommes que quelques uns…

Et bien sûr, nous prenons contact avec les frères de la côte de Bergen dont Heinz nous avait donné les coordonnées. Rencontre chaleureuse, ils nous ont donné plein de bons conseils pour découvrir de jolis coins. Merciii.

Le 10 juillet, nos invités arrivent. Pour Sibylle c’est une première de naviguer en mer. Le choix de la route dans les fjords est donc idéale, car pas agitée du tout.

Nous partons de Bergen pour aller trouver Uwe, frère de la côte, qui est gardien d’une île sur laquelle Ole Bull, compositeur norvégien avait bâti sa maison. Superbe escale avec une balade où nous avons cueilli plein de myrtilles. Superdessert, plein de vitamines !

Notre vadrouille à travers les fjords nous amène au Hardangerfjord, spectaculaire avec ses montagnes qui montent tout droit de la mer à plus de 1000m d’altitude.

Nos équipiers débarquent pour de nouvelles aventures, et nous remettons le cap au sud. Juillet tire vers sa fin et nous devons penser à avancer vers notre port d’hiver qui sera en Normandie cette année. Mais nous profitons encore de cette Norvège si belle. Nous ne sommes pas pressés. Le 23 juillet nous arrivons à Stavanger, belle ville avec un passé de port de pêche et aussi du forage du pétrole norvégien. Nous y avons passé quelques jours et avons évidemment visité le musée du pétrole.

Nous profitons d’un vent du nord pour achever notre descente de la côte norvégienne et la quittons le 31 juillet en direction du Danemark. Bye bye, et probablement à un autre été. Nous avons vraiment adoré !

Norvège, chapitre premier

Norvège, chapitre premier

En juin, à nous la Norvège ! Nous avons même eu droit à un comité d’accueil un peu spécial …

… passant silencieusement à coté d’eux, poussés par le vent, ils ont paresseusement daigné nous regarder. Surtout, n’interrompons pas notre sieste! Notre premier port en Norvège, Skjaerhalden, se situe dans un archipel nommé Vhaler – les baleines. Vu la forme des roches, tout arrondies, on comprend. Nous sommes à l’entrée de l’Oslofjord que nous allons monter en zig-zag jusqu’à la capitale.

Premier zig – nous arrivons sur Oestre Bolaeren, petite île, ancienne place forte qui raconte l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. On y trouve toujours des ruines d’où les canons pouvaient bloquer l’accès au fjord. Nous avons entrepris le tour de l’île, superbe balade de deux heures dans une nature printanière à souhait.

Fin mai nous amarrons à Oslo. Escale de dix jours, pendant lesquels nous prenons le temps de visiter ville, musées, parcs et spectacles. Notre première visite est pour le Fram, bateau que Fritjof Nansen avait conçu pour se laisser dériver dans la glace arctique dans l’espoir d’arriver avec le courant au pôle nord. Cela n’a pas fonctionné, mais l’expédition a quand même démontré que la glace avance en permanence. Ils sont rentré trois ans plus tard (1893-96) en ayant parcouru un trajet entre les îles Terre du Nord -vers le milieu de la cote de Sibérie, jusqu’aux îles du Svalbard, le bateau enfermé dans la glace. Sacré exploit quand on pense au matériel qu’ils avaient à disposition dans les années 1890. C’est avec ce même bateau qu’un autre explorateur norvégien, Roald Amundsen, est parti découvrir le pôle sud en 1911. Les deux explorateurs ont tellement bien préparé leurs expéditions qu’ils ont réussi à rentrer sains et saufs, tout en ayant relevé plein de données scientifiques qui ont ouvert la voie aux connaissances des régions polaires.

Juste à côté, un autre musée qui parle d’un autre explorateur norvégien. Thor Heyerdahl, anthropologue et archéologue a voulu démontrer sa théorie, disant que la Polynésie s’était faite coloniser depuis l’Amérique du sud, et pas depuis l’Asie. Pour cela, il a construit en 1947 un radeau en balsa avec lequel il est parti du Pérou pour arriver trois mois plus tard aux Tuamotu. Expédition réussie, mais est-ce que cela correspond à la vérité ? On ne le saura probablement jamais. Intéressant quand même.

Nous continuons nos balades à travers Oslo et arrivons au parc Vigeland. Grand parc où sont exposées plus de 200 sculptures de l’artiste Gustav Vigeland (1869-1943). Elles sont principalement en pierre et figurent des humains. C’était extraordinaire de s’y promener un dimanche après-midi ensoleillé. Ce n’étaient pas encore les vacances et les Osloiens venus s’y prélasser étaient nombreux. Ils piqueniquaient, jouaient sur l’herbe et les gamins barbotaient dans les fontaines.

Un orage plus tard, le temps estival change. Après trois semaines de soleil, les nuages reviennent, la fraîcheur aussi. Selon les gens du coin, la météo redevient normale… Pour moi, ça aurait pu durer. Nous continuons nos visites. Depuis le toit de l’opéra, on a une superbe vue .

Incontournable musée sur Edvard Munch

Nous ne nous contentons pas de la visite du toit de l’opéra, nous réussissons à nous procurer des billets. Ils donnent Candide de Leonard Bernstein – vraiment splendide. Ne pouvant pas prendre de clichés pendant le spectacle, nous en avons pris quelques uns juste avant le début.

Arrive le 8 juin, et nos amis Manon et Roger nous rejoignent pour une semaine. Avec eux, nous descendons l’Oslofjord, cap au sud. Une semaine de rigolade, de jolie navigation malgré une dent cassée de Louis. Nous avons du chercher un dentiste en urgence et Louis a une fois de plus testé un traitement dans un autre pays. Chaque année il nous fait le coup! La météo reste changeante, mais les paysages sont toujours aussi beaux.

Arrivés à Sandefjord, nos amis nous quittent déjà. La semaine s’est passée à toute vitesse. Merci pour ces bons moments.

Mais, mais, mais, mé en Suède en Mai

Mais, mais, mais, mé en Suède en Mai

Hej Sverige, je peux ressortir mes quelques mots de suédois du fond de mon cerveau. Nous retrouvons le pays de notre dernier été, mais pas du tout la même région. Toujours cap vers le nord, nous longeons cette côte qui, depuis Varberg est pleine d’îlots, des skärer. L’année passée, sur la côte est, elles étaient en rochers cassés aux arrêtes vives et souvent boisées. Sur la côte ouest, exposées aux flots du Kattegat et polies par des glaciers de la dernière ère glaciaire, elles sont tout en rondeurs et nettement moins vertes.

Sous spi asymétrique, nous arrivons à Varberg, jolie ville avec un Kaltbadhus bien visible en arrivant dans la baie. Construite à la fin du 19ème et restaurée plusieurs fois, on peut toujours aller s’y baigner, voir boire un café.

Nous sommes le 10 mai, et le printemps arrive. Les premiers lilas fleurissent et embaument tout de leur parfum. Prochaine escale, la grande ville de cette région, Göteborg. Nous partons tôt et profitons des vents de sud pour avancer.

Trois jours à Göteborg, pendant lesquels nous cherchons quelqu’un capable de dépanner notre frigo. Après quatre ans de bons et loyaux services, il a perdu son gaz réfrigérant, et pour en remettre, il faut un spécialiste. C’est en recherchant les infos de ce genre que nous découvrons la ville et la gentillesse des gens du coin. Au deuxième chantier naval où nous nous rendons, on nous met en contact avec un spécialiste, et le lendemain notre frigo ronronne de nouveau tout en fraîcheur. Après cinq jours sans, nous apprécions le beurre dur et la bière glacée… Car oui, nous sommes arrivés en été, il fait 20-25°C par un soleil radieux. Il paraît que ce n’est pas normal en mai, mais personnellement ça me plaît bien comme ça.

Nous profitons de la météo incroyable pour avancer. Prochain but, Oslo – donc nord, nord et encore nord. Première escale, Marstrand. Jolie île bien touristique, car à 23 milles nautiques seulement de la ville. L’idéal pour une sortie de weekend pour les habitants de Göteborg. A l’époque le seul port sans glace en hiver sur cette côte, elle était une base navale importante et porte toujours son fort sur son point le plus haut.

Belle balade autour de l’île! Prochain port, Lysekill, petite ville charmante, bonnes glaces, et toujours ce soleil…

Autre port extraordinaire, Hunnebostrand, qui avait une carrière au bord de l’eau.

Nous escaladons le rocher qui surplombe le port et le voilà, merveilleuse baie entre les îles, naturellement protégée de tous les vents.

Nous continuons notre route direction Norvège – Bye bye la Suède, nous avons adoré ce mois à naviguer dans tes eaux.

Enfin de nouveau à bord

Enfin de nouveau à bord

Après cinq mois, nous avons enfin rejoint notre Naviot qui nous a patiemment attendu à la marina de Lübeck. Nous l’avons retrouvé en parfait état – il faut dire que nos amis lübequois l’ont surveillé de près durant tout l’hiver. Merci Brigitte et Heinz pour votre travail !

Nous sommes arrivés à la mi-mars, et Louis a tout de suite commencé les préparatifs. Chercher les voiles chez le voilier, le moteur hors bord chez le mécanicien et monter tout cela à bord. Remettre le moteur en route, remplir les réservoirs d’eau douce, remonter sa radio et l’ordi du bord etc , etc. Pendant ce temps, j’ai ramené notre voiture de location en Suisse et j’ai terminé quelques affaires en cours au pays. Une petite semaine plus tard, j’ai aussi rejoint le bord pour l’été, confortablement en train. Encore deux semaines de travail et de plaisir d’être avec les frères de la côte de Lübeck, et nous nous sommes lancés le 6 avril dans nos navigations de l’été.

Nous descendons la Trave un beau et doux jour de printemps. Un dernier aurevoir de nos amis venus nous attendre sur les quais de Travemünde, et nous sortons en mer, hissons la grand-voile et déroulons notre génois flambant neuf. Merci Eric pour ce beau travail !

Première halte, Grossenbrode, où nous tombons sur « Arche de Noé », voilier rencontré l’été dernier à Stockholm. Petit souper ensemble, et dessert à bord du Naviot. Des hasards comme ça se fêtent.

Encore une dernière halte en Allemagne, à Orth sur Fehmarn, et nous voilà en route pour le Danemark. Nous arrivons à Marstal après une navigation avec un phénomène météo curieux. Partis avec un joli vent d’est, nous arrivons dans une zone sans vent. La brise Volvo nous pousse donc et je regarde tranquillement le ciel. Je vois des nuages qui forment comme deux énormes rouleaux l’un sur l’autre. Le temps de les montrer à Louis, et une rafale de 25 nœuds de vent couche le pauvre Naviot. Qu’une chose à faire, mettre la proue dans le vent et ariser la grand-voile. Heureusement le génois était déjà enroulé pour avancer au moteur. Tout ça a duré un quart d’heure, après quoi un petit vent d’ouest s’est installé pour nous pousser vers notre but. En mer le temps peut être aussi rapide et changeant qu’en montagne. Amarrage à Marstal sous une pluie battante, pas du tout ce qui était annoncé…

Marstal, je voulais absolument le visiter. Florian, frère de la côte de Lübeck m’avait prêté un livre cet hiver – « Nous, les noyés » de Carsten Jensen – qui y joue et raconte magistralement l’histoire de la marine marchande danoise de ces dernières 150 années. Une ville bourdonnante à l’époque qui a sombré dans un sommeil tranquille que n’agitent plus que les touristes et les plaisanciers en été. Il restent deux chantiers navals, de jolies ruelles et un superbe musée de la marine avec d’innombrables maquettes des bateaux qui ont navigué dans cette région.

Trois jours d’arrêt, et nous repartons vers le nord. J’ai l’impression de suivre les jonquilles. Elles fleurissent partout et sont toujours au même stade.

Nous poursuivons notre chemin par petites étapes. Lundeberg, Kerteminde, Samsö – mais il fait encore froid et nous devons souvent attendre le vent favorable pour avancer.

A Kerteminde nous avons visité la station de recherche sur les marsouins et les phoques.

D’île en île, nous arrivons sur Sjaelland, où se trouve Copenhague. Nous l’abordons par sa pointe nord-est et amarrons à Havnebyen. Petit port de pêche avec un chantier naval à l’ancienne, une superbe poissonnerie et un très bon resto. Tout ce qu’il faut pour être heureux. C’est pour nous un arrêt nostalgique, car nous y avons passé des vacances en famille il y a quelque vingt ans.

Un jour de près serré pour entrer dans le Roskildefjord. C’est le jour le plus froid du mois. 2°C par vent de nord-est, ressenti -5°. Mais bien émitouflés dans nos cirés avec plusieurs couches de dessous en laine et fibre polaire ce ne sont que les mains et le nez qui gèlent. Une belle balade à Frederikswaerk, puis nous remontons le fjord jusqu’à son bout, Roskilde. Sous les vikings, c’était leur capitale, avant que Copenhague soit fondée et lui prenne ce rôle.

J’écris ce chapitre alors que nous sommes toujours à Roskilde. Nous y sommes depuis une semaine, et le printemps est enfin arrivé. Il fait 18°C et hier nous avons vu les premières hirondelles. Youhououou !

Et bien sûr, en une semaine nous avons aussi pris le train pour retourner à Copenhague que nous adorons. Cette fois ci, nous avons refait une visite des jardins du Tivoli. La dernière était il y a une quinzaine d’années.

Demain, nous ressortons du fjord de Roskilde. En route pour la côte ouest de la Suède que nous n’avons pas visitée l’année dernière. Le prochain épisode sera donc suédois.

L’été tire vers sa fin

L’été tire vers sa fin

Eh oui, nous existons encore. Après notre halte au chantier naval, nous sommes repartis de plus belle vers le sud – la coque propre nous fait gagner un bon nœud. Notre fils Olivier nous rejoindra mi-septembre à Szczecin, en Pologne. Nous avons donc quelques milles à parcourir d’ici-là. La météo est de nouveau belle et la fin des vacances suédoises nous permet de trouver des places d’amarrages sans problèmes dans les ports. Ils sont presque vides. Il ne restent que quelques touristes allemands qui sont pour la plupart pressés de rentrer chez eux. Nous nous accordons le luxe d’avoir le temps.

Nous revisitons certains endroits que nous avions accosté au printemps (Västervik, Kalmar), mais découvrons aussi des nouvelles places en naviguant entre ces îles qui bordent la côte. Quelques fois, nous devons même remonter contre le vent (voir carte), timing oblige…

Nous descendons le Kalmarsund en tirant des bords, et avec deux jolies étapes sur Uitklippan et Christiansø nous arrivons à Bornholm, la terre danoise la plus à l’est du pays.

Nous amarrons à Tejn sur la côte nord de l’île et y restons quelques jours. Le vent souffle d’ouest et la traversée vers Rügen va précisément dans cette direction. Mais il fait beau, nous nous baladons donc à pied sur ce littoral magnifique.

Une halte à Nexö avant de quitter Bornholm nous permet de visiter deux musées charmants. Le premier montre des statues de sable, et le deuxième relate l’histoire du chemin de fer de l’île qui a fonctionné de 1900 à 1968.

Les statues se réfèrent en général à des légendes locales.

Au bout d’une semaine sur Bornholm, le vent tourne, et nous partons au lever du jour pour traverser les 65 milles nautiques pour arriver à Sassnitz sur l’île de Rügen en Allemagne. Les jours se raccourcissent et nous préférons arriver de jour dans un port que nous ne connaissons pas. Opération réussie, nous arrivons lorsque le soleil se couche après une navigation tout à la voile, vent arrière, génois tangonné.

Sassnitz et ses célèbres falaises de craie sont vraiment spectaculaires et nous avons adoré la balade surplombant la mer.

Encore une journée de navigation, et nous arrivons en Pologne. Première halte, Swinoujscie, porte d’entrée pour remonter le fleuve Oder. Petite bière avec une saucisse locale sur une petite terrasse au bord de l’eau. Nous essayons de capter l’ambiance du coin – pas facile quand on ne comprend rien du tout de la langue du pays. Mais le sourire étant universel, nous passons une bonne soirée avant de repartir pour Szczecin le lendemain. Canal, lagon, fleuve – nous traversons un paysage bordé de roseaux pour arriver dans une ville très industrialisée au passé chargé d’histoire. On y voit les efforts énormes de se mettre au niveau de la vie actuelle, après une longue période de communisme. Toute la ville est pleine de chantiers, que ce soit pour remettre en valeur les monuments historiques où redessiner les voies de circulation.

Olivier nous rejoint, et nous redescendons l’Oder, prenons à gauche dans le lagon avec le but de sortir en mer près de Stralsund. Mais comme souvent, on ne fait pas tout ce qu’on a prévu. Le pont normalement ouvrant à Wolgast est en travaux, et nous devons rebrousser chemin. Nous aurons parcouru le Stettiner Haff (lagon) en long et en large, car nous devons ressortir en mer par là où nous sommes entrés. Pas grave, le paysage et la météo sont beaux, et nous avons même vu un aigle de près.

Nous longeons donc la côte pour rejoindre Stralsund, belle ville hanséatique d’où Olivier reprend le chemin de la Suisse. Il faut bien que quelqu’un travaille…

Nous restons quelques jours à Stralsund avant de continuer notre chemin vers l’ouest, en direction de Lübeck où nous laisserons le Naviot pour l’hiver. L’automne arrive, et nous devons composer avec les premiers coups de vent. A Warnemünde, nous devons carrément attendre pendant une semaine une fenêtre météo navigable. Nous en profitons pour visiter la ville et aussi celle de Rostock.

Dernière étape en mer, nous arrivons le 8 octobre à Travemünde. Nous remontons la Trave pendant deux heures, passons un dernier pont ouvrant et amarrons le Naviot à Lübeck le 10. C’est tellement sympa de retrouver nos amis Heinz et Brigitte – c’est presqu’un peu comme rentrer chez soi. Ils nous aident pour préparer le bateau pour l’hiver. Il faut transporter les voiles chez le voilier pour les réparer, et le moteur hors-bord chez le mécanicien pour un service. Merci les amis ! La fin du mois est très occupée, et début novembre nous quittons le Naviot qui va hiverner dans la marina de Lübeck et nous rejoignons la Suisse pour y passer l’hiver et retrouver nos familles et amis.

Mille Îles

Mille Îles

La Suède en été est fabuleuse ! En plus, la météo est ensoleillée, nous n’avons pas de planning fixe et pouvons sillonner l’archipel devant Stockholm à souhait. De Nyköping nous traçons notre route vers le nord, et rentrons de plus en plus dans les terres. Voici la trace du Naviot sur la carte électronique entre fin mai et début août.

A Södertälje nous passons une écluse et passons dans le lac Malären, où nous bifurquons vers l’ouest pour aller nous amarrer au pied du château de Gripsholm, résidence royale depuis le 16ème siècle.

La famille royale logeait dans ce château magnifique en été et lors de périodes d’épidémie, bien à l’abri de la vie turbulente de la capitale, tout en étant pas très éloignée. Pas assez animée au goût de certains quand-même, car un prince a fait aménager une salle de théâtre qui est toujours utilisée. Aujourd’hui, il abrite une collection de tableaux représentant toute la noblesse et autres personnages importants de l’histoire suédoise. Je n’ai jamais vu une galerie des ancêtres aussi importante que celle-ci.

Enfin, nous mettons le cap vers Stockholm, où Marc vient nous rejoindre pour trois semaines. Il doit faire des milles (nautiques) afin de valider son permis mer. Nous repassons une écluse et trois ponts basculants pour rejoindre le Vasahamn au centre de la ville. L’endroit est bien situé, sur une île où se trouve une belle brochette de musées ainsi qu’un luna-park permanent et un grand parc boisé. Nous visitons bien sûr le Vasa, bateau du 17ème siècle, construit sur commande royale, il devait être le fleuron de la flotte. Manque de chance, le roi avait des exigences concernant les mesures, l’équipement en canons et le nombre de ponts, qui ont provoque son naufrage à peine sorti du chantier naval. Il a coule à 1,5 km de son départ au premier petit coup de gîte dans une douce brise, car son premier pont de canons était trop bas sur l’eau qui est entré à flot dans les sabords ouverts. Il s’est enfoncé dans la vase, et le taux salin réduit de la baltique à empêché la pourriture du bois. Un monstre flop, mais aujourd’hui, c’est le seul bateau de cette époque entièrement conservé qui existe encore.

Nous donc voilà à Stockholm, belle capitale où nous nous sommes promenés dans tous les sens. Car quand on est dans une ville où on trouve tout, on visite aussi en cherchant le matériel pour le bateau qui manque, les guides de navigation, le copy shop pour se faire imprimer des documents, le coiffeur pour raccourcir la tignasse de Loulou, et plein d’autres choses nécessaires au bon déroulement du voyage. Ces petits buts nous font découvrir aussi des quartiers un peu hors du circuit touristique – toujours intéressant.

Nous partons avec notre nouveau matelot vers le nord-est. A travers les îles jusqu’au bord de l’archipel pour en rejoindre un autre. Les îles Åland, où l’on parle suédois, mais qui sont finlandaises. Nous y arrivons le 30 juin et amarrons à l’avant dernière bouée libre du port. Il y a plus d’une centaine de bateaux, tous arborant le grand pavois. C’est magnifique, et nous apprenons qu’il s’agit de l’assemblée générale du cruising club de Finlande qui se tient cette année à Mariehamn. Nous étions chanceux de trouver une place !

Juin est fini, et nous avons la première pluie sérieuse depuis notre départ d’Allemagne. Elle nous cloue trois jours au port. Nous en profitons pour visiter la petite ville et ses environs. Marc visite aussi le Pommern, vaisseau sœur du Passat que nous avions visité en Avril à Travemünde (voir chapitre précédent) Après cette pause, nous avons slalomé à travers cet archipel, composé de rochers arrondis, poncés par les glaciers de la dernière glaciation. C’est vraiment spécial. Peu de terre sur la roche, donc seulement des arbres qui peuvent étendre leurs racines comme les pins, les genévriers ou les bouleaux qui sortent des petites fentes dans la roche – on se demande comment ils peuvent survivre. Sinon lichens, mousses et myrtilliers poussent partout.

Tout doucement le temps s’écoule et le moment de retourner en Suède arrive. Avec un bon vent de nord-ouest (annoncé nord), nous traversons les 60 milles nautiques au près dans une mer assez hachée, mais sous un soleil éclatant jusqu’à Gräddö, petit village avec une marina bien abritée. Nous y faisons le plein de victuailles et poursuivons direction Stockholm, en nous arrêtant à des places au noms exotiques tels que Vaxholm, Furusund ou Norrviken. Petits Ports ou mouillages – c’est de toute beauté.

Après trois semaines avec notre fils, il reprend l’avion pour retourner en Suisse, et nous repréparons le bateau pour notre prochain invité. Le 19 juillet Christian nous rejoint et nous repartons entre les îles. Notre ami avait navigué il y a 30 ans dans cette région à bord de son propre voilier, et nous a montré les jolis coins qu’il avait découvert à l’époque. Cap sur Rödlöga, petite île vers l’extérieur de l’archipel, que nous avons atteint en deux étapes à naviguer à la voile tout en douceur. Pas de vagues, peu de vent de la bonne direction – le rêve de tout navigateur.

En suivant une jolie boucle, nous passons par Sandhamn, ancienne station de pilotes, marina touristique aujourd’hui. L’endroit est plaisant et a conservé son charme d’antan.

La boucle s’achève, et nous rentrons à Stockholm par le sud. C’est un vrai labyrinthe. Je pense qu’on peut naviguer des années ici, découvrant de nouvelles places idylliques à chaque virage. Christian nous quitte, et nous nous retrouvons rien que les deux. Bizarre de devoir refaire toutes les manœuvres nous même – un équipier, c’est quand-même bien… Nous mettons cap vers le sud, il faut commencer à penser à la rentrée, la saison en suède s’achève bientôt, et les commerces estivaux et les ports commenceront à fermer dès la mi-août. La météo se dégrade et nous nous mettons à l’abri de la tempête Hans à Oxelösund. Ici, nous trouvons enfin un chantier naval qui est d’accord de sortir le Naviot de l’eau afin de lui donner un nouvel antifouling. Le pauvre était plein de bernicles après trois ans sans nouvelle peinture. Après ce traitement, comme tout neuf, notre bateau nous emmènera vers de nouvelles aventures.

Un grand merci à Corinne, Marc et Christian pour leurs photos !

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