10 jours en mer

10 jours en mer

Cette envie de retourner sur le continent et une météo qui paraît favorable se conjuguant, nous nous lançons le 4 août en direction de la Bretagne. Le routage Grib nous conseille de partir vers le nord, afin de rejoindre des vents favorables, et nous le suivons évidemment. C’est donc sous un soleil radieux, sur une mer belle que nous serrons un près, toutes voiles dehors. Des grands dauphins nous accompagnent un petit bout, comme pour nous dire au revoir, et nous regardons disparaître Terceira dans le sillage de notre bateau. Première nuit, répartie en quarts de trois heures – nous garderons ce rythme tout au long du trajet. Dans notre jeunesse lointaine, nous en faisions quatre, mais voilà, avec l’âge… Le deuxième jour se lève, et avec lui le vent (25kn) et les vagues, qui de un mètre ont grossi à trois. Nous décidons de réduire un peu les voiles. Deux ris dans la grand-voile et plus qu’un tiers de génois, nous nous faisons secouer dans tous les sens. Louis teste le Primperan sur le conseil de notre ami Muncho, et miracle, il ne vomit pas, mais est quand même un peu groggy par le mal de mer. Rien en comparaison des autres fois, où il était carrément HS. Merci Muncho ! Cette allure gobelet mélangeur dure deux jours. Régulièrement, des vagues plus hautes que les autres passent par dessus le pont – si on a le malheur d’être assis dehors, c’est la douche salée (2x pour moi, brrrrr! ). Pendant la nuit, l’une d’elles nous lance même un petit calamar dans la grand-voile, que nous y découvrons collé et mort, le pauvre, quand nous larguons les ris plus tard.

Résultat: une tache d’encre indélébile au beau milieu de la voile !

Le vent tourne à l’ouest, faiblit et l’allure redevient confortable. Quand il tourne sud-ouest, nous osons carrément inaugurer notre spi parachute. Nous l’avions acheté à Porto Santo à Aideen et Peter, couple de navigateurs au long cours, qui nous en avaient fait une démonstration séduisante. Jusque là, nous n’avions jamais eu le bon vent pour l’essayer. Il est génial. Pas de tangons lourds à manier, et une dimension (64m2) qui nous tire confortablement en avant. En plus, vu qu’il tire plutôt vers le haut, le bateau roule moins dans la vague. Cerise sur le gâteau, notre régulateur d’allure a barré même cette allure délicate comme un chef. Tout pour bien faire donc, si bien que nous avons laissé cette voile 24h d’affilée, jusqu’à ce que le vent se soit essoufflé. Le temps de l’affaler, et hop, le vent tourne à nouveau. Nous rehissons la grand-voile et déroulons le génois. Naviot taille sa route.

Les jours se suivent, les petites habitudes s’installent et le mal de mer de Loulou se calme au point de pouvoir arrêter ses pilules. Nous croisons même un groupe de baleines, probablement des cachalots. Ils ont passé une centaine de mètres derrière le Naviot. Impressionnant!

Le tracé rouge montre le trajet du Naviot, les ondulations suivant le vent. Enfin, le 14 août nous arrivons devant la rade de Brest. La terre sort de l’eau, et sous un soleil rayonnent, complètement détendus, nous montons le goulet de Brest, voiles en ciseaux.

Contents d’arriver, nous nous réjouissons du bon accueil au port du château à Brest. Ce premier soir, nous allons au resto. Un bon morceau de bœuf grillé au feu de bois nous récompense des efforts de cette traversée.

entrée du port du château à Brest

Dernier saut de puce

Dernier saut de puce

De retour à Velas, le deuxième vaccin s’est bien passé. Quelques jours de douleurs genre grippe pour moi, et presque rien pour Louis, nous ont gardé à quai une petite semaine. Ensuite, une belle navigation d’une cinquantaine de milles nautiques nous a conduits à Angra do Heroïsmo, capitale de l’île de Terceira. Nous y trouvons d’emblée une place d’amarrage et décidons d’y rester jusqu’à ce que la prochaine fenêtre météo se présente pour rallier la Bretagne. En attendant, nous visitons cette jolie ville, classée patrimoine de l’Unesco.

Les ruelles sont vraiment magnifiques, les façades pleines de détails et bien entretenues. Nous nous y promenons avec plaisir. MAIS, en vue de notre prochaine nave, nous avons quelques préparations à faire. Lessive, nettoyages, plier et ranger l’annexe et, et, et… En passant l’aspirateur, je découvre de l’eau sur le plancher sous l’évier de la cuisine, et voilà, Loulou en mode dépistage de la fuite. C’est de l’eau douce (oui, oui, j’ai goûté), donc ce n’est pas une entrée d’eau de mer. Nous ne sommes pas en train de couler. En fait, un joint de la pompe qui achemine l’eau des réservoirs est percé, et il faut le remplacer. Plus vite dit que fait, car le kit de joints qu’on nous a vendu avec la pompe, ne contient pas le bon modèle. Heureusement que nous avons une pompe entière en réserve et mon courageux capitaine la monte dans la chaleur de l’après midi (28° C).

En fin de compte, achats faits, réservoirs pleins, nous allons nous élancer demain en direction de la France où nous espérons arriver dans une dizaine de jours. A bientôt !

D’autres Îles

D’autres Îles

Vaccinés une première fois à Sao Jorge, nous avons trois semaines devant nous pour découvrir Graciosa et Faial. Le vent soufflant de nord-ouest, nous mettons le cap au nord-est le 8 juillet et arrivons à Graciosa, où nous mouillons l’ancre devant Vila da Praia par une belle soirée d’été. Le lendemain, nous découvrons que les voiliers qui étaient amarrés dans le port de pèche, ont libéré la place, et nous allons amarrer le Naviot contre une digue sans pontons. Ca faisait des années que nous n’avions pas fait cela, et c’était bizarre de laisser les amarres suffisamment longues pour permettre au Naviot de descendre et remonter le long du quai au gré des marées.

Graciosa, la bien nommée, est vraiment jolie. Nous y avons bien marché. La première balade nous a mené vers Santa Cruz, où nous voulions voir la nouvelle marina, mentionnée dans notre guide.

Il est évident qu’il n’existe pas de chemin à plat sur ces îles volcaniques. Par dessus une colline assez pentue, nous y sommes arrivés. Demi-surpris, car on nous avait averti que les travaux avaient du retard, nous avons découvert un beau bassin sans aménagement de pontons, où plusieurs voiliers se trouvaient à l’ancre.

De retour à Vila da Praia, nous avons décidé d’y rester, car la météo annonçait un fort vent d’est pour les jours suivants, et l’entrée de ce beau bassin vide est exposé aux vents de cette direction. Mieux valait rester où nous étions.

Le volcan vu du village

L’autre balade que je voulais entreprendre, nous a fait grimper sur le volcan derrière le village. Nous avons surmonté un dénivelé de 350m, quasi en ligne droite, et découvert la caldeira à l’intérieur. Nous en avons fait le tour sur sa crête, avec des vues à couper le souffle. Juste magnifique!

Fatigués, mais heureux, nous nous sommes reposés le dimanche qui a suivi cette excursion, avant de remettre les voiles lundi, tant que le vent soufflait encore d’est, pour rallier Horta sur l’île de Faial. Juste en face du Pico, ce volcan haut de 2351m n’est malgré tout, pas visible tous les jours.

Horta est un port mythique, où tous les voiliers qui rentrent des Caraïbes, s’arrêtent pour une escale de repos bien méritée. Nous avions fait de même en 1990, au retour de notre premier voyage – petit coup de nostalgie. Nous voilà dans l’ambiance trépidante des voyageurs. Ils arrivent, repartent, discutent, comparent leurs expériences. Nous sommes en juillet, haute saison, c’est plein de monde. Les locaux ne perdant pas le sens des affaires, les prix des voitures de location ont grimpé en flèche, et nous déclinons finalement la proposition à 75 Euros pour une journée. Sur les autres îles nous avions payé entre 30 et 40 Euros. Nous avons donc rechaussé nos souliers de randonnée et découvert les alentours à pied.

La petite ville aussi vaut la visite. De jolies ruelles, cafés, et même un petit musée étaient au programme.

Evidemment, nous allons manger au célèbre Café Sport chez Peter et visitons sa collection de dents de cachalot gravées.

Et enfin, pour compléter notre instruction, nous visitons le jardin botanique très intéressant, qui explique les plantes originaires des Açores et celles importées, et souvent envahissantes que nous avons vues sur ces îles.

Feu d’artifice pour la fin, une superbe collection d’orchidées qu’un collectionneur passionné leur a légué.

Le temps file incroyablement vite et il est déjà temps de retourner à Velas pour notre deuxième vaccin. Ensuite, nous souhaitons visiter Terceira. Je suis déjà curieuse de ce que nous y découvrirons.

Sao Jorge

Sao Jorge

Après deux semaines à Santa Maria, nous avons remis les voiles, cap au 315°, Nord-Ouest pendant deux jours. Peu avant minuit le 22 juin nous ancrons devant Velas, capitale de Sao Jorge. A part le mal de mer de Louis, court mais très fort en début de navigation, nous avons fait une belle traversée tout à la voile jusqu’à nous trouver à l’abri du vent de l’île pour les derniers milles. Fatigués, nous avons mis en route notre fidèle volvo pour arriver à bon port. Nous espérions dormir tranquillement. C’était sans compter avec les Puffins gris. En pleine nidification, il ont « chanté » toute la nuit. AWWA AWWA AWAAA….

Nous ne voyons ces oiseaux qu’en haute mer et de trop loin pour une photo valable. C’est pourquoi j’ai emprunté cette image dans notre guide des Oiseaux de Mer ( de Gerald Tuck et Hermann Heinzel)

Le jour l’un des deux chasse et se nourrit en mer pendant que l’autre couve dans une cavité dans les rochers. A la nuit tombante, il rentre et les deux poussent de hauts cris pour les retrouvailles. Ceci multiplié par quelques centaines, je vous laisse imaginer le vacarme. Les nuits tranquilles sont plutôt compromises…

Le lendemain matin nous avons eu la CHANCE d’obtenir de suite une place à l’intérieur de la marina. Les moins de 12m du Naviot facilitent parfois les choses. En effet, ce joli petit port est plein à craquer et les bateaux plus grands doivent souvent attendre quelques jours avant de recevoir une place, même si le garde port fait son possible. L’accueil est chaleureux et nous donne envie de visiter l’île.

Nous sommes donc sur une des îles du groupe central des Açores qui jouit d’un climat un peu plus frais que Santa Maria, mais aussi plus pluvieux. De ce fait elle est plus verte, pleine de prés où broutent des troupeaux de vaches. Velas se dit d’ailleurs « Capital do Qejo ». Et c’est vrai, ils ont du bon fromage. Rien à voir avec du Gruyère, mais on ne voyage pas pour ne manger que ce que l’on connaît…

Pour bien visiter Sao Jorge, nous avons loué une voiture pendant deux jours. A cause de leur origine volcanique, les Açores sortent de l’océan avec des falaises vertigineuses où il n’y a que peu de terrain qui s’est formé au bord de la mer. Les Fajas, sortes de petits deltas formés par les gravats des torrents qui dévalent les falaises, sont par contre bien exploités par les habitants. On y trouve des villages et des cultures, vigne, banane et même du café à une place. Nous avons randonné sur la côte nord d’une faja à l’autre. Paysages à couper le souffle!

Les hauts de l’île sont dévolus à l’élevage. Alors que les pentes sont densément boisées, les terrains un peu moins pentus sont herbus, délimités en prairies par des haies d’hortensias bleus. C’est totalement bucolique, on se croirait dans la comté des Hobbits.

De retour à Velas, nous nous baladons dans et autour de la ville.

après l’école, les enfants viennent s’amuser au port, baignade et pic-nic

Les jours s’écoulent doucement entre balades, bricoles et rencontres. Un petit paradis! Nous y resterons encore un peu, car nous avons appris que nous pouvons nous faire vacciner contre le covid19. A peine inscrits, nous avons déjà reçu la première dose, et en attendant la deuxième, nous irons visiter les îles alentour. Prochaine étape, Fajal ou Graciosa, nous n’avons pas encore décidé…

Santa Maria

Santa Maria

Après 5 jours de navigation Santa Maria émerge, nous arrivons aux Açores! Il est samedi après-midi et nous tombons en plein concours de pêche. Nous amarrons au ponton de quarantaine et observons toutes ces petites embarcations et leur agitation fébrile. Les derniers 150 milles, Eole s’étant endormi, nous avons fait tourner notre moteur, et en cherchant les jerricans de carburant de réserve, Louis a retrouvé un bidon d’huile de moteur au fond des coffres. Il s’est dit: « Tiens, je compléterais bien un peu d’huile dans le moteur quand on sera arrivé. » En regardant bien l’étiquette avant l’opération, il a découvert qu’il avait acheté de l’huile pour moteur essence et non diesel. Du coup, nous avons proposé cette huile à un des petits pêcheurs qui attendait au ponton à coté du Naviot, peut être contre un poisson un jour où il en aurait assez? Il était enchanté et à minuit, boum boum contre la coque du Naviot, il nous a apporté un magnifique barracuda. En pyjama, les yeux tout petits, j’ai entrepris de le vider et de lever les filets de suite… Transformé en petits beignets le lendemain à l’apéro, il était délicieux!

Au port de Vila do Porto nous avons retrouvé nos amis de TiMango et rencontré plein de navigateurs au long cours. Cela donne une ambiance très chouette, à discuter de nos expériences différentes, selon de quel coin du monde on arrive. Madère comme nous, les Canaries ou les Antilles, chacun a des histoires passionnantes à raconter. Les groupes se forment un peu selon les langues parlées, ce qui fait que nous avons tchatché avec BEAUCOUP de monde. Loulou fut dans son élément…

Pour visiter Santa Maria, nous avons randonné, mais aussi loué une voiture. Bien qu’elle ne soit pas énorme, les distances sont quand même trop grandes pour tout faire à pied. Le coté ouest de l’île est assez bas et sec, alors que la moitié est s’élève plus haut et est toute verte, bien arrosée par la pluie. Cela crée vraiment deux zones climatiques très différentes sur peu de kilomètres carrés. En plus, Santa Maria est la seule île des Açores à posséder des gisements de fossiles. Etant la plus ancienne de ces îles volcaniques, de plusieurs millions d’années par rapport aux autres, elle a été immergé et réémergée plusieurs fois depuis sa naissance. Du coup, on y trouve des mines où la population a exploité ces gisements de calcaire pour en faire de la chaux pour blanchir les maisons.

Avec nos amis Véronique et François de TiMango et Pascale et Olivier du Gerfaut III, nous suivons le chemin de randonnée qui nous amène à Praia Formosa à environ 7km, en longeant la côte depuis les hauteurs, puis en descendant vers la mer à travers une forêt magnifique. Pleine d’odeurs et de chants d’oiseaux, cette balade nous offre même la possibilité de nous baigner. La petite plage est déserte et la température de l’eau de 21°C.

Bien sûr, nous devions aussi rentrer à pied. Allez-hop, sept kilomètres supplémentaires pour le retour!

D’autres balades nous ont emmenés vers l’ouest de l’île. Paysage aride dont voici quelques images.

Avec la voiture nous avons étendu notre rayon d’action et visité le coté plus vert de l’île.

Naturellement, après toute cette nature, une petite visite de musée s’impose. Nous jetons notre dévolu sur celui d’Espirito Santo qui montre comment vivaient les gens ici pendant la première moitié du 20ème siècle. Ils devaient tirer profit de toutes les ressources locales, car les liaisons avec le continent n’étaient pas régulières comme aujourd’hui. Pas facile.

Nous avons passé deux semaines à Santa Maria, séjour superbe. Lundi dernier, profitant d’un vent favorable, nous avons largué nos amarres et rejoint Sao Jorge (180milles nautiques) où nous avons ancré la nuit dernière devant le port de Velas en plein concert des puffins gris qui « chantent » toute la nuit. Aw,Aw,AAAW!

MADÈRE!!!

MADÈRE!!!

Madère, ça commence comme magique – une courte traversée de 40 milles nautiques, soleil et vent portant nous ont conduits à Funchal, capitale de l’île. Tout le contraire de Porto Santo sèche, voir désertique, Madère est verte, toute verte et avec ses hauts sommets, 1862m pour le Pico Ruivo, elle génère son propre climat bien arrosé de pluies douces. Des températures subtropicales, et nous nous trouvons parmi les bananiers, papayers et autres fruits tropicaux que nous ne connaissions même pas. Avez-vous déjà mangé du philodendron?

falaises abruptes à l’arrivée
devinez lequel est surnommé « la consolation de la veuve »

Ils poussent tous sur l’île et au Mercado dos Lavradores, les vendeurs nous proposent de tout goûter. Nous nous laissons faire, et je profite de demander des explications de comment on les choisit et aussi comment les manger. Ca ne saute pas forcément aux yeux… Nous nous sommes régalés!

La première visite est pour le jardin botanique bien sûr, situé à mi-hauteur des collines de la ville. Nous y sommes montés à pied – 50 minutes de grimpée et autant de descente après – bonjour les genoux…

Superbes fleurs et autres plantes, nous nous sommes promenés dans ce jardin, les yeux grands ouverts et en admiration. Une fois de plus, je regrette de ne pas pouvoir mettre les odeurs avec les images.

Au jardin botanique, on trouve des plantes aussi bien des zones humides que des zones sèches, car il se veut représentatif pour tout l’archipel. Mais Funchal héberge d’autres jardins parmi lesquels nous avons choisi le jardin tropical pour une autre visite. Haut perché au dessus de la ville, nous avons pris le téléphérique pour y monter.

Fleurs, fougères et même un petit lutin qui regarde à travers la statue, nous ont enchantés tout au long de cette balade.

jeux d’eau et de plantes splendides du jardin tropical

Mais Madère n’est pas que Funchal. Pour bien visiter cette île, nous avons loué une voiture et avons suivi nos amis Véronique et François de TiMango explorer la levada de Caldeirao Verde. Une levada est ce que nous appelons un bisse en Valais. Elles acheminent l’eau du nord-est bien arrosé de pluie vers le sud-ouest, qui l’est moins. Elles suivent les lignes d’altitude en légère pente en dépit d’une topographie souvent vertigineuse. Ca donne des parcours spectaculaires où souvent ça monte à gauche et descend à droite, en laissant tout juste 30cm aux pieds pour se poser. À certains endroits, celle que nous avons suivie, passe par des tunnels creusés dans la roche. Heureusement nous avons eu le téléphone portable sur nous avec sa fonction « lampe de poche ». A d’autres endroits elle formait même un petit pont qui enjambait un autre ruisseau dévalant la montagne.

Avec nos amis Véronique et François – la photo est prise par Clarisse, la fille de François

Tout au fond, nous découvrons une magnifique cascade où débute notre levada.

Le jour suivant, il faut bien rentabiliser la location de la voiture, nous avons traversé toute l’île pour visiter Porto Moniz, où des piscines naturelles, améliorées bien sûr, permettent aux gens de se baigner à un endroit où l’Atlantique s’écrase sur les rochers de toute sa force.

Nous avons bien sûr aussi visité le petit aquarium et le port de pèche.

Une autre belle journée donc, et sur le chemin du retour, nous avons passé par la route « côtière », qui en réalité monte tout en haut des falaises et longe le relief en altitude. Beaucoup de virages et des vues spectaculaires, c’était un régal pour nos yeux.

Un petit tour à la montagne et une visite du musée de la baleine ont complété ces journées voiture. Nous avons tellement l’habitude de faire tout à pied, que c’était presque bizarre de disposer d’un véhicule.

Ce musée de la baleine est surtout dédié au passé baleinier de Madère, où la baleine était chassée entre1940 et 1981. Il fournit de très bonnes explications qui forcent d’un côté le respect de la vie dure que menaient ces chasseurs. De l’autre côté, c’est un soulagement que cette pratique a totalement cessé. Actuellement on voit régulièrement des cétacés autour de l’île, bien que nous n’ayons vu qu’une tortue marine en arrivant près des côtes. Malheureusement, l’aperçu était si bref, que nous n’avons pas pu prendre de photo. Le beau crabe noir et rouge par contre, nous a presque souri.

Le dernier jour avec voiture, nous sommes montés en altitude. Après avoir traversé la couche de nuages, sommes arrivés sur un haut plateau duquel émerge le Pico Ruivo de Paul. La végétation est toute différente, on se croirait en Bretagne, voir dans le Jura. Nous escaladons le Pico et découvrons des vues fantastiques.

Enfin voilà, après 11 jours sur Madère, pleins de découvertes plus belles les unes que les autres, nous décidons qu’il est temps de partir. Le premier juin une fenêtre météo annonce un joli vent de nord-est qui nous incite à mettre le cap au nord-ouest, direction Açores. Nous y arrivons 5 jours plus tard, mais cela fera partie du prochain chapitre. À bientôt!

En suivant le vent…

En suivant le vent…

Nous avons quitté la côte portugaise pour suivre le vent. Il nous a porté jusqu’à Porto Santo, petite île de l’archipel de Madère. Une traversée bien agitée au début – au lieu des 15 à 20 nœuds de vent annoncés, nous en avons subi 36 durant la première nuit. Nous avons donc tous les deux dû payer notre ticket d’entrée, veut dire que nous souffrions d’un mal de mer carabiné pendant les deux premiers jours de la traversée. Par la suite, ça s’est essoufflé et le dernier jour, nous avons même mis le moteur pour quelques heures. Arrivée à la voile quand même le samedi matin 8.5.2021. Lundi test de covid, et dès mardi, nous pouvons circuler sur l’île.

Porto Santo sort de l’océan

Nous en profitons pour nous balader. Promenade par ci, randonnée par la, cette île est tout simplement belle!

plein de jolies fleurs…

Nous avons suivi toute la crête qu’on voit sur l’image ci-dessus. Une randonnée magnifique – par endroits on se croirait sur le toit du monde. Ca descend de chaque coté du chemin à peine tracé, et avec le vent fort qui souffle, on a l’impression de pouvoir déplier ses ailes et s’envoler. Génial!

Mais voilà, nous profitons aussi d’un autre aspect de la région. Le Portugal déconfine, et cela implique l’ouverture des restaurants. Hier soir nous avons mangé sur une terrasse avec des amis navigateurs tout en écoutant une chanteuse life, que de la musique que nous aimons… Encore une fois, génial! Ca faisait si longtemps…

Nous bougeons de nouveau!

Nous bougeons de nouveau!

Yessss! Après presque six mois sans bouger, le Naviot a pu ressortir du port de Vilamoura. Aux dernières nouvelles, nous venions de revenir au Portugal juste pour le confinement qui a duré jusqu’à maintenant… et encore, ce n’est pas tout à fait déconfiné. Entre temps, j’ai dû retourner en Suisse, car mon père n’allait pas bien. Rentrée le 1er février, j’ai du m’acquitter de 10 jours de quarantaine et ce n’est que 6 semaines plus tard, quand mon papa avait remonté la pente et allait de nouveau bien, que j’ai pu retrouver mon Louis qui était resté tout ce temps à Vilamoura.

Il s’est occupé de terminer les travaux au chantier naval et n’était heureusement pas tout seul. Notre ami Olivier du Chimaera lui a tenu compagnie presque jusqu’à mon retour. Merci!

De retour à Vilamoura j’ai eu droit à une nouvelle quarantaine, car dans mon avion, un passager s’était révélé Covid-positif malgré une PCR négative à l’embarquement. Les services de santé m’ont contactée deux jours après mon arrivée pour m’informer que je devais rester à l’intérieur et sont venus le lendemain, puis 10 jours plus tard, prélever un frottis de nez chez nous, au bateau. Ils étaient négatifs. Malgré cela, j’ai du rester en quarantaine la totalité de 14 jours. Dur, dur ! Enfin, le 29 mars, nous avons fêté ma liberté retrouvée avec une longue balade sur la plage.

Si belles, ces fleurs dans les dunes

La première semaine d’avril le frère de la côte Noé, François pour de vrai, nous fait la surprise. Il nous appelle pour nous dire qu’il est à Vilamoura où il a un résidence secondaire. Il doit y régler un problème d’électricité et reste une bonne semaine. Nous nous rencontrons évidemment et c’est un pur bonheur de discuter, plaisanter et rire ensemble. Il nous fait profiter de sa voiture pour faire les achats de toutes les choses lourdes et nous emmène même sur le Monchique d’où nous avons une magnifique vue sur le pays .

Les deux frères devant le chateau de Silves
je suis toute petite à coté du roi Sancho
vue de la montagne

Merci François de nous avoir gâté autant et donné de ton temps. Quel plaisir de te voir !

Enfin, le 16 avril, nous avons pu quitter Vilamoura. Une première petite étape nous a mené jusqu’à Alvor. C’est une belle ria où nous sommes restés à l’ancre pendant une semaine. En arrivant, les terrasses étaient ouvertes et nous avons profité du soleil pour boire un café sur l’une d’elles. Mais déjà le lundi suivant, elles ont du refermer, car trop de virus dans la commune. C’est assez bizarre comme situation. Les communes ouvrent ou ferment individuellement selon leur taux de covid. Heureusement, les promenades restent autorisées.

Le 22 avril le vent tourne et nous décidons de contourner le cap St. Vincent et mettre le cap au nord. Nous amarrons à Sines tard ce soir là, car l’étape est assez longue. Nous prévoyons d’y rester une semaine. Mais comme souvent, les imprévus nous rattrapent et le séjour dans cette charmante bourgade se prolonge un peu. La raison de nos misères sont nos ordinateurs. Ils réclament des mises à jour qu’en gentils obéissants nous lançons. Et boum, l’ordi de navigation ne s’ouvre plus. Avec énormément de patience et beaucoup d’heures à manipuler souris et boutons, Louis réussit à le vider complètement, le reformate et réinstalle tout. Sur le portable, le problème est un peu moins grave, mais nécessite aussi des heures de travail avant de refonctionner correctement. Louis passe en tout quatre jours dessus, j’essaie de l’aider comme je peux et nous finissons les yeux carrés.

Mais voilà, avec de la patience on arrive à régler la plupart de nos problèmes et demain nous repartons. Quelle destination? Rendez-vous au prochain article. À bientôt!

De retour au Naviot

De retour au Naviot

Après six semaines bien remplies en Suisse, nous avons pris l’avion le 14 janvier pour retourner sur notre Naviot qui nous a attendu sagement à Vilamoura. Drôle de voyage avec les aéroports vides et l’avion à 2/3 plein, Nous avons loué une voiture à Lisbonne et sommes arrivés en Algarve juste 4 heures avant le nouveau confinement portugais qui a débuté le 15 à 0h00. Depuis, nous vivons à notre rythme de retraités à préparer notre bateau pour de nouvelles navigations – dès qu’elles seront de nouveau possibles.

Loulou est tout heureux de revivre à bord. Pour commencer, nous récupérons les voiles qui ont été révisées chez le voilier du coin pendant notre absence. Ensuite nous organisons la sortie au chantier naval, car le Naviot a commencé à amasser de la mousse, voir des petits chapeaux chinois, et il a besoin d’une nouvelle peinture anti-fouling. Rendez-vous est pris pour le 22 janvier, et lorsque le bateau est levé hors de l’eau, nous découvrons un « pétard », souvenir d’une rencontre avec un caillou en remontant la ría d’Aveiro l’été passé.

Surprise! Au ponçage on découvre une petite fissure dans l’aluminium qu’il faut ressouder avant de pouvoir repeindre. Comme quoi il y a toujours quelque chose à faire…

En attendant nous vivons sur le bateau à terre, ce qui est assez compliqué. On ne peut pas utiliser les écoulements d’eau, donc ni lavabo ni toilettes. Pour chaque pipi il faut descendre une échelle de 2,50m de haut – je vous laisse imaginer… au milieu de la nuit c’est génial. Sinon l’Algarve est toujours aussi belle. Malgré la météo hivernale, les températures sont clémentes, plus ou moins 15-18°C et on peut faire des belles balades sur la plage presque déserte.

Le nouveau Blog

Le nouveau Blog

Dernière image de l’ancien et première du nouveau blog. J’y fais mes premiers pas et découvre les possibilités. Pas facile…

Je m’exerce et vous pourrez bientôt découvrir les nouvelles aventures du Naviot et de son équipage. En attendant bonnes fêtes et à l’année prochaine!