Printemps au Portugal

Printemps au Portugal

Et un hiver plus tard, nous retrouvons notre Naviot à Oeiras, près de Lisbonne, où nous avons eu la chance de lui trouver une bonne place d’amarrage pour passer les mois froids. Des conditions météo jamais vues ont régné sur la péninsule ibérique cet hiver, les tempêtes se sont suivies et ont provoqué inondations et grosses vagues sur tout le littoral. En notre absence notre ami Francisco qui habite à quelques kilomètres d’Oeiras a surveillé le Naviot et nous n’avons eu que très peu de dégâts à constater. Un parebattage fendu et un amortisseur d’amarre cassé, rien comparé à d’autres. Nous arrivons début mars au bateau et commençons les préparations pour la saison à venir. Le gros travail est d’installer le déssalinisateur que nous avons acheté lors de notre visite de la BOOT26 à Düsseldorf. Louis l’a accompli avec acharnement, fantaisie et beaucoup d’expérience technique.

Heureusement je n’étais pas dans ses pattes pendant ce temps. Après deux semaines sur place, je ramenais la voiture en Suisse et l’ai rejoint par avion une fois tout terminé fin mars. Et enfin, quand tout était prêt, nettoyé, rempli, nous avons largué les amarres, direction le sud, car cette année le plan est d’aller voir si la Méditerranée est toujours aussi bleue. Tout tranquillement, par petites étapes, afin d’apprivoiser le mal de mer de Louis, nous nous arrêtons dans des ports que nous n’avons encore jamais visités. Sésimbra, Setúbal, Sines, avant de tourner à gauche autour du cap St. Vincent pour arriver en Algarve, où le printemps est déjà bien avancé.

A Setúbal, où tout le monde dit qu’il n y a pas de place pour visiteurs, nous avons obtenu une place d’amarrage avec l’aide de Francisco. Elle est magnifique avec son marché et sa vieille ville pleine de jolies places et ruelles.

Un peu crispés, nous entamons les prochaines étapes, car les orques ont été vues dans le coin. Mais pour nous, pas de soucis, elles sont allées voir plus loin et nous naviguons tranquillement vers l’Algarve. Quelques jours à Sines, puis un mouillage au pied du cap St. Vincent et nous arrivons à Portimão. Je voulais m’arrêter à Lagos, que nous n’avions jamais visité, mais ils n’avaient pas de place libre en raison de travaux portuaires. Nous retrouvons donc Portimão, petite ville que nous aimons bien.

Après une semaine, nous profitons d’une jolie brise pour pousser jusqu’à Vilamoura. Etape pleine de souvenirs pour nous, car c’est ici que nous avions passé le deuxième confinement en 2021. Vide de touristes à ce moment là, nous l’avons vécu cette fois pleine de monde, surtout des anglais qui viennent prendre le soleil. Le premier jour ils sont blancs, le lendemain rouges, et à la fin de la semaine dorés. Ensuite, ça recommence avec la prochaine fournée. Nous laissons passer une dernière dépression avec du vent fort et de la pluie avant de rejoindre le mouillage de Culâtra tout à la voile dans des conditions superbes. C’est quand même bien d’avoir le luxe de pouvoir attendre les bonnes fenêtres météo.

Culatra aussi est plein de souvenirs pour nous, c’est l’endroit le plus à l’ouest de l’Algarve que nous avions visité fin 2020 avant de passer l’hiver à Vilamoura. C’est toujours aussi beau et cette fois , c’est le début de l’été, et nous nous sommes baignés pour la première fois cette année.

Une autre journée de navigation nous emmène à Ayamonte. Ville sur le Guadiana, fleuve frontière entre le Portugal et l’Espagne. Nous ancrons juste en amont du quai de pêcheurs car dans le port il n’y a pas de place pour le Naviot avec son tirant d’eau de 2m. Le petit port est en train de s’ensabler et bientôt, il ne pourra accueillir plus que des dériveurs et des multicoques. Dommage, car nous sommes restés moins longtemps que prévu. Enfin, au revoir Portugal, bonjour Espagne!

Le petit mot du capitaine (titre que Susanne m’a autorisé d’employer). En effet il vaut mieux savoir jouer de la caisse à outils que de faire faire le travail par un petit Mozart de l’artisanat. Non pas que la partition soit mal jouée mais le budget de bord se trouverait en mode « mayday » (appel de détresse). Et tout ce travail pour boire de l’eau….

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