Nous revoilà !
Météo, quand tu nous tiens ! Après cinq jours accrochés à notre bouée à Crookhaven, le vent de nord-ouest se calme enfin et tourne au sud-ouest faible. Les vagues se calment et nous tournons autour du coin sud-ouest de l’Irlande, afin de mettre le cap au nord en suivant cette côte ouest, très découpée, avec des hautes falaises et des caps hauts comme des montagnes. Le ciel est couvert, et nous avançons dans une symphonie de gris, du bleuté au verdâtre. Nous arrivons devant Bearisland et nous nous faufilons dans une ouverture entre deux falaises pour nous engager dans un bras de mer tout calme qui nous conduit à Castletownbere, important port de pèche.



Ce port est tellement dédié à la pèche, qu’il n’y a pas d’installations pour les plaisanciers et que nous ancrons tout au fond, à l’écart des activités portuaires. Heureusement nous trouvons quand même un petit ponton où nous pouvons débarquer en annexe et aller nous balader.


Cinq jours dans la brume – oui oui, c’est l’été – et deux soirs au pub à écouter de la musique et nous imprégner de l’ambiance locale. Puis nous nous déplaçons de quelques milles, à Lawrence Cove, sur Bearisland en face du bras de mer. Une petite marina dans un coin charmant, où nous trouvons de quoi remplir les réservoirs d’eau, douches et machines à laver. Le soleil revient et nous incite à randonner aux alentours.






Nous avons rendez-vous avec notre fils Olivier et son amie Sibylle à Dingle, et reprenons la route. Cap au nord, première halte, Valencia Island. Nous longeons les falaises dans une mer assez agitée, et Loulou est de nouveau pris d’un mal de mer, mais aussi d’un mal de gorge. Je suis donc seule à profiter de ce paysage incroyable où on entend en permanence le tonnerre de la houle qui s’écrase contre les rochers. Et encore une fois, merci à la cartographie électronique moderne et le GPS qui rendent la navigation si confortable de nos jours. Car en contournant l’île, le passage pour aller au port est invisible du large et se présente seulement quand on est déjà engagé dedans. Pas large, avec des vagues qui déferlent des deux côtés, je suis heureuse de pouvoir lui faire confiance et nous arrivons à Knightstown, petite bourgade tranquille. Nous amarrons, et moi aussi je commence un mal de gorge, qui devient fièvre, une crève estivale qui me cloue trois jours au lit. Halte un peu forcée, mais nous visitons quand même le musée local intéressant. Car d’ici partait le premier câble de télégraphe reliant l’Europe à New York, construit dans les années 1865, en 5 essais avant de réussir. Perspicaces, les gars!
De nouveau en forme, nous traversons le bras de mer et arrivons à Dingle. Il fait beau et chaud pendant trois jours et nous explorons les environs.




Olivier et Sibylle arrivent et le soleil s’en va. Eux qui avaient subi la vague de chaleur en Suisse se sont trouvés rafraichis. Pluie, brouillard et grosse houle nous ont empêchés d’aller voir les Blasket Islands, le truc touristique pour lequel les gens viennent ici. Mais nous avons trouvé d’autres occupations intéressantes. Pour commencer la fauconnerie.


Chouette d’avoir ces oiseaux sur nos mains, de pouvoir les regarder de tout près, sentir leur poids.
Le lendemain nous visitons la distillerie. D’ici viennent le Dingle-Gin et aussi un whisky très bons. Nous avons gouté…



La météo ne s’améliorant pas, nous prenons un bus pour Cork, et nos jeunes gens louent une voiture. Olivier se fait très vite à la conduite à gauche et ils nous emmènent visiter des endroits que nous n’aurions pas vus sans voiture. Le Rock of Cashel pour commencer, d’où j’avais lu plusieurs livres qui y jouaient.


Puis les falaises où ont été tournés quelques scènes d’un film de star wars, juste en face des Blasket Islands.

Les deux touristes sont partis explorer la région de Galway avec leur voiture, et nous avons reçus d’autres invités. Nos amis américains Anne-Marie et Tim avec notre amie commune Marie-Odile sont venus à Dingle. Tim ayant des origines dans cette région, ne voulait pas rater une visite en Irlande alors qu’ils passaient leur été en Europe. Quatre jours très sympas, mais toujours impossibles pour la navigation.

Une fois tout ce petit monde reparti, le vent a tourné au nord ouest, et nous avons décidé de repartir vers la sud. Marre de la pluie et des températures n’excédant pas les 18°C en juillet. Encore deux mouillages en Irlande, magnifiques, et nous nous lançons dans une traversée de deux jours et deux nuits.


En partant de Crookhaven, je trace une route qui passe tout près du Fastnet. Le jour précédent, les régatiers de la Fastnet Race ont tourné autour par un temps de grand soleil. Nous ne voulons pas nous retrouver dans leurs pattes et partons le lendemain. Frustration ! Il y a un brouillard tellement épais, que nous entendons les vagues prendre d’assaut le fameux rocher avec son phare, que nous n’avons pas vu! Donc, pas de photos. Le vent étant quand même de la partie, nous avançons hardiment vers le sud est, et deux jours plus tard, après avoir traversé le séparateur de trafic de nuit, nous voyons Ouessant et son phare et arrivons par une belle après-midi ensoleillée à Camaret-sur-Mer. Nous avons rejoint l’été!


Il fait entre 25 et 30°C et nous sortons les shorts. Quelques jours à Camaret, et nous décidons de ne pas traverser le golf de Gascogne directement comme il y a 6 ans, mais de le longer sur tout son pourtour. Le sud de la Bretagne en été est de toute beauté. En même temps, nous profitons de trouver des amis qui sont ici.

Pour commencer un grand merci à Ute et Karl, frère de la côte de Lübeck, qui nous apporte deux nouvelles pompes à eau douce depuis Brest, où nous avons pu les commander. S’en sont suivi quelques soirées en repas succulents et conversations intéressantes – super sympas. Escales à Bénodet, Concarneau, Lorient, tous des noms qui nous ont fait rêver. Au Crouesty, nous rendons visite à Christine et Marc, frère de la côte de Bruxelles , qui passent leurs étés dans leur maison pas loin de là. Ils nous ont fait découvrir la presqu’île de Sauzon en voiture – encore une journée magnifique.




La météo toujours au beau fixe, nous continuons vers l’île de Houat et son magnifique mouillage avant de rejoindre l’île d’Yeu, puis les sables d’Olonne et La Rochelle.





Aux Sables d’Olonne nous visitons le quartier de l’île Penotte avec ses mosaïques extraordinaires



Ensuite la Rochelle, où nous restons une semaine, histoire de faire le ménage et la lessive à fond, et nous reposer un peu. Si si, la navigation nous fatigue… avec tout ce soleil – nous avions perdu l’habitude


Mais pour notre projet de faire le tour du golf, nous repartons vers le sud fin août et arrivons à Royan, à l’entrée de la Gironde. Pour ceux qui auraient envie de faire ce trajet aussi, il faut absolument aller chercher la première bouée au large pour entrer dans le chenal. Nous avons voulu couper à la 3ème bouée et nous sommes retrouvés à traverser une barre de déferlantes qui nous a couché le Naviot deux fois, dont une fois par une grosse vague qui est rentré dans le bateau. La cuisine s’est faite tellement arroser, que Louis a dû démonter et dessaler les brûleurs de gaz. Ils ne faisaient plus que blub-blub, car pleins d’eau. Donc, reménage à fond…
Nous avons laissé passer la première dépression qui annonçait la fin de l’été, et nous nous sommes lancés vers le sud, l’Espagne, Bilbao. Traversée d’un jour et demi, et bonjour le pays Basque. Nous prenons le temps de visiter la ville et bien sûr, le musée Guggenheim.











Et voilà, nous entamons de longer la côte nord de l’Espagne. Laredo, Santander, Gijón et pour finir La Coruña, où nous nous étions arrêtés tout au début de notre voyage il y a six ans. Un peu bizarre de revenir sur ses propres traces, mais pas désagréable.





Quelques jours à Gijón, histoire de laisser passer la deuxième dépression d’automne.



Un beau mouillage dans la ría de Cedeira




Il y a six ans, nous avions fait presque la même photo !
Le petit mot du Capitaine:
